Le thermalisme en Europe : la France est-elle une exception ?

La France serait l’un des seuls pays à rembourser les cures thermales ? Cette affirmation, souvent avancée dans les débats sur le thermalisme, ne résiste pas à l’analyse des systèmes européens.

À l’occasion de la 3e Journée parlementaire du thermalisme, à laquelle nous avons assisté, plusieurs experts ont rappelé que de nombreux pays européens financent eux aussi les cures thermales, parfois dans des conditions comparables, voire plus favorables qu’en France.

Curiste dans un bassin d’eau thermale dans le cadre d'une prise en charge du thermalisme en Europe
Image de freepik

Une idée reçue persistante : la France serait un cas isolé

Dans l’imaginaire collectif, le thermalisme français serait une exception en Europe. Pourtant, la réalité est toute autre.

Ainsi, il s’avère que de nombreux pays européens reconnaissent l’intérêt médical des cures thermales et les intègrent à leurs politiques de santé publique. Allemagne, Italie, Espagne, Hongrie, Pologne ou encore République tchèque disposent de systèmes de prise en charge structurés.

Selon l’Association européenne des établissements thermaux (ESPA), qui fédère plus de 1 400 établissements en Europe depuis 30 ans, la filière thermale représente environ 25 millions de visiteurs par an et près de 850 000 emplois directs, indirects et induits en Europe.

Dans ce contexte, la France n’est pas une exception en matière de prise en charge. Elle s’inscrit au contraire dans un paysage européen très diversifié, où les niveaux de remboursement et les modèles d’organisation varient fortement d’un pays à l’autre. En effet, il faut savoir que dans plusieurs pays européens, les remboursements peuvent atteindre 80 à 100 % des soins et inclure une partie, voire la totalité, des frais d’hébergement.

Tour d’horizon du thermalisme en Europe

Allemagne : prévention et réhabilitation

En Allemagne, les cures thermales peuvent être prises en charge par les caisses d’assurance maladie dans le cadre de dispositifs de prévention ou de réhabilitation, mais elles restent moins facilement accessible, avec en général une cure autorisée tous les 3 à 4 ans. Les séjours peuvent durer jusqu’à quatre semaines selon les programmes, avec une prise en charge conditionnée à une validation médicale stricte. Lorsqu’elles sont accordées, les cures thermales peuvent être financées de manière particulièrement avantageuse, notamment dans le cadre de la réhabilitation, avec une prise en charge pouvant atteindre 100 %, sous réserve d’une participation forfaitaire modérée.

Italie : un système structuré autour du service sanitaire national

L’Italie dispose de plus de 380 établissements thermaux et accueille près de 900 000 curistes chaque année.

Les cures sont financées par le Service sanitaire national. Elles sont généralement organisées sur 12 jours et comprennent un nombre de soins défini selon les indications médicales.

Le dispositif est très encadré et structuré, avec un financement important des soins et un reste à charge limité, autour de 55 euros.

Espagne : un modèle centré sur les seniors

En Espagne, le thermalisme est notamment développé à travers le programme IMSERSO, destiné aux retraités.

Les séjours durent en moyenne 12 jours et incluent soins et hébergement. La prise en charge est partielle, mais appliquée à un forfait global, ce qui rend le dispositif accessible à un large public.

Europe centrale et de l’Est : des taux de prise en charge élevés

Plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est disposent de dispositifs particulièrement protecteurs :

  • En Hongrie, les soins peuvent être remboursés entre 50 % et 85 %
  • En Lituanie, certains soins sont pris en charge à 100 %
  • En Pologne, jusqu’à 80 % des soins ainsi qu’une partie de l’hébergement sont financés
  • En République tchèque et en Slovaquie, les niveaux de prise en charge varient selon les indications médicales
  • En Roumanie, les modalités dépendent du statut du patient

Dans ces pays, la prise en charge peut également inclure l’hébergement, et parfois le transport.

La prise en charge des cures thermales en France

En France, la prise en charge du thermalisme repose sur trois piliers :

  • Les soins thermaux, remboursés à 65 % (soit environ 55 % en pratique depuis la réforme tarifaire de 2013, qui a modifié les bases de remboursement)
  • Une participation aux frais de transport et d’hébergement, sous conditions de ressources, dont seulement 15 % des curistes bénéficient
  • Des dispositifs spécifiques pour les affections de longue durée, accidents du travail et maladies professionnelles

Dans les faits, la réalité est simple : le curiste reste le principal financeur de son séjour thermal.

Toutes les démarches sur le remboursement d’une cure thermale en France

À savoir

Ainsi, la France n’est pas une exception en matière de prise en charge des cures thermales, mais elle se situe plutôt dans la partie basse du spectre européen en termes de générosité.

Pour autant, le thermalisme français demeure respecté et envié en Europe pour la qualité de ses soins et son niveau d’exigence médicale. Il continue de jouer un rôle important dans la démonstration du service médical rendu.

C’est donc une filière d’excellence qu’il convient de préserver, dans un contexte européen extrêmement diversifié, où coexistent des modèles de financement très différents mais tous fondés sur une même conviction : l’intérêt thérapeutique du thermalisme.

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Le péloïde dacquois, une boue thermale unique aux nombreuses vertus

La station thermale de Dax, située dans le département des Landes, figure parmi les principales destinations thermales françaises. Elle réunit une quinzaine d’établissements qui exploitent quotidiennement les propriétés du péloïde local. Le péloïde de Dax est une boue thermale naturelle issue d’un environnement géologique et hydrologique spécifique au territoire dacquois. Il résulte du mélange entre le limon de l’Adour et l’eau thermale locale, puis d’un processus de maturation biologique qui lui confère une composition singulière.

Élément incontournable du thermalisme à Dax, il est largement utilisé dans les soins en rhumatologie et en phlébologie.

Le péloïde Dacquois
Source photo : https://www.lesthermesdax.fr/les-soins/pelotherapie

Qu’est-ce que le péloïde de Dax ?

Le péloïde de Dax trouve son origine dans une interaction rare entre le limon des berges de l’Adour et les remontées d’eau thermale naturellement chaude.

Au fil du temps, cette rencontre a donné naissance à des bourbiers naturels, véritables zones de maturation spontanée où se sont développés des équilibres biologiques spécifiques.

Mais à Dax, la simple association de l’argile et de l’eau ne suffit pas à créer un produit thermal. L’environnement local joue un rôle essentiel : climat doux, ensoleillement important et température favorable des eaux superficielles permettent le développement d’un élément discret mais fondamental, les cyanobactéries, aussi appelées algues bleues.

Les cyanobactéries : la signature biologique du péloïde dacquois

Ces micro-organismes font toute la singularité du péloïde de Dax. Il s’agit de bactéries parmi les plus anciennes formes de vie sur Terre, capables de produire de l’oxygène grâce à la photosynthèse.

Leur présence dans la boue thermale n’est pas anodine : elles contribuent à enrichir naturellement le péloïde et à lui conférer des caractéristiques biologiques uniques en France.

Ce phénomène reste extrêmement rare à l’échelle mondiale. Un cas comparable peut être observé uniquement dans certaines stations thermales italiennes, notamment à Abano.

Le péloïde dacquois : son utilisation en cure thermale

Le péloïde dacquois est unique au monde et sa composition particulière lui donne de nombreuses vertus :

  • Soulagement des douleurs grâce à son action anti-inflammatoire et antalgique,
  • Amélioration de la mobilité articulaire,
  • Effet décontractant et relaxant sur les muscles,
  • Réduction de la consommation de certains médicaments, sous contrôle médical.

Au cours d’une cure thermale de trois semaines, près de 44 kg de péloïde sont utilisés par curiste. Cette boue thermale chaude est appliquée par un agent thermal sur les zones à traiter, conformément aux prescriptions du médecin thermal et aux besoins spécifiques du patient.

Utilisé depuis l’Antiquité, le péloïde de Dax fait aujourd’hui l’objet d’un processus de fabrication rigoureux garantissant des conditions optimales d’hygiène et de sécurité sanitaire. Il est produit localement par la Régie municipale des boues de Dax, qui approvisionne l’ensemble des établissements thermaux de la station. Ce péloïde est en effet exclusivement utilisé à Dax.

La légende du Péloïde de Dax (source : www.grand-dax.fr)

« La légende dit qu’un légionnaire, accompagnant Julia, fille de l’Empereur romain Auguste, possédait un chien vieillissant et sujet aux rhumatismes. Pour mettre un terme à ses souffrances, le soldat jeta l’animal dans l’Adour. Quelques mois après, il retrouva son chien, visiblement en pleine forme. Ce dernier avait dérivé le long de la rivière jusqu’à des poches de boue, s’y baignant et y retrouvant une nouvelle jeunesse… »

 

La boue thermale, un soin incontournable lors de votre séjour en cure

Prise en charge de la cure thermale

La réalisation d’une cure thermale est encadrée par des décrets.

Ainsi, pour être prise en charge, une cure thermale doit :

  • Être prescrite par un médecin (traitant ou spécialiste),
  • Avoir reçu l’accord de prise en charge par la sécurité sociale,
  • Se dérouler dans l’un des 110 établissements thermaux français,
  • Être l’unique cure thermale réalisée durant l’année civile,
  • Durer 21 jours, soit 18 jours de soins. L’ensemble des soins doit être réalisé. Toute absence non justifiée par un motif recevable peut entrainer le non-remboursement de la cure thermale.

En conclusion, si l’ensemble des conditions sont réunies, la cure thermale est prise en charge par la sécurité sociale à hauteur de 70% du forfait de surveillance médicale et à 65% du forfait thermal. En fonction des contrats établis, la part restante (nommée ticket modérateur) pourra être prise en charge par la mutuelle du curiste.

À la croisée de la nature et de la science, le péloïde de Dax illustre parfaitement l’évolution du thermalisme moderne : un soin issu d’un écosystème naturel complexe, préservé et optimisé pour répondre aux besoins thérapeutiques d’aujourd’hui.

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La cure de boisson thermale, un soin phare du thermalisme

Le thermalisme repose sur différents soins complémentaires, parmi lesquels la cure de boisson occupe une place centrale. Présente dans de nombreuses stations thermales françaises, elle consiste à consommer une eau thermale aux propriétés spécifiques, sous contrôle médical.

Utilisée depuis des siècles, cette pratique s’intègre aujourd’hui dans la prise en charge de nombreuses pathologies chroniques. Encadrée dans le cadre d’une cure thermale conventionnée, la cure de boisson s’effectue sur prescription médicale et s’adapte aux besoins de chaque curiste.

Verre d’eau thermale dans le cadre d’une cure de boisson en station thermale
Image de vwalakte sur Magnific

Qu’est-ce que la cure de boisson thermale ?

La cure de boisson est un soin d’hydrothérapie interne qui consiste à consommer une certaine quantité d’eau thermale, conformément à la prescription du médecin de cure. En effet, au cours de son trajet à travers les profondeurs de la terre, l’eau thermale se charge en minéraux et oligo-éléments, lui conférant ainsi des propriétés thérapeutiques variées.

Chaque source d’eau thermale étant unique, les bienfaits qu’elle procure varient d’une station à l’autre. Par conséquent, la cure de boisson est particulièrement bénéfique pour le traitement de nombreuses affections chroniques. En fonction de votre pathologie et de vos besoins, votre médecin (généraliste ou spécialiste) vous orientera vers la station thermale la plus adaptée.

Encadrée par un médecin thermal, la cure de boisson s’intègre dans une cure conventionne de 18 jours de soins (sur 21 jours de séjour), dans l’une des stations thermales agréées par l’Assurance Maladie.

Quels sont les bienfaits de la cure de boisson ?

Les effets de la cure de boisson dépendent directement de la composition de l’eau thermale utilisée. Selon sa teneur en bicarbonates, calcium, magnésium, silicium ou encore oligo-éléments spécifiques, elle peut agir sur différents mécanismes de l’organisme.

Selon les cas, la cure de boisson peut contribuer à :

  • soutenir le confort digestif
  • favoriser l’élimination rénale et le drainage
  • accompagner le transit intestinal
  • participer à l’hydratation et à la reminéralisation de l’organisme
  • soutenir certaines fonctions métaboliques
  • améliorer le bien-être général dans le cadre d’une prise en charge globale

Dans certains cas, la cure de boisson peut également être associée à une sensation de mieux-être général, notamment grâce à son action sur l’équilibre digestif et l’hydratation.

Certaines eaux thermales possèdent des propriétés reconnues dans un cadre médical encadré, elle doit être consommée strictement selon les doses prescrites.

Comment se déroule une cure de boisson thermale ?

La cure de boisson s’effectue sous contrôle médical. Le médecin thermal définit :

  • la quantité d’eau à consommer chaque jour,
  • le rythme de prise,
  • et la durée du traitement.

L’eau thermale est consommée soit directement à la source, soit dans des espaces dédiés au sein de l’établissement thermal.

Les 12 orientations thermales thérapeutiques et les établissements correspondants :

carte des stations thermales
Les stations thermales en France

La cure de boisson peut être intégrée dans plusieurs orientations thermales reconnues par l’Assurance Maladie, notamment :

Chaque orientation correspond à des établissements thermaux spécifiques disposant d’eaux adaptées et de protocoles de soins ciblés.

Comment être remboursé de sa cure thermale ?

La réalisation d’une cure thermale est encadrée par des décrets.

Ainsi, pour être prise en charge, une cure thermale doit :

  • Être prescrite par un médecin (traitant ou spécialiste),
  • Avoir reçu l’accord de prise en charge par la sécurité sociale,
  • Se dérouler dans l’un des 110 établissements thermaux français,
  • Être l’unique cure thermale réalisée durant l’année civile,
  • Durer 21 jours, soit 18 jours de soins. L’ensemble des soins doit être réalisé. Toute absence non justifiée par un motif recevable peut entraîner le non-remboursement de la cure thermale.

Si ces conditions sont respectées, la Sécurité sociale prend en charge :

  • 70 % du forfait de surveillance médicale,
  • 65 % du forfait thermal.

Le reste à charge peut être couvert partiellement ou totalement par la complémentaire santé du curiste.

Le détail de la prise en charge

À retenir sur la cure de boisson thermale

La cure de boisson est un soin thermal central, dont les effets dépendent de la composition des eaux et de l’indication médicale. Elle s’inscrit dans une approche globale du traitement des pathologies chroniques, au sein d’un séjour thermal encadré.

Elle ne se substitue pas à un traitement médical, mais peut constituer un complément dans une prise en charge globale, associant soins thermaux, hygiène de vie et suivi médical.

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La cure thermale en neurologie : quel établissement thermal choisir ?

La cure thermale en neurologie est une prise en charge complémentaire destinée aux personnes souffrant de maladies neurologiques chroniques ou de séquelles neurologiques. Grâce aux propriétés des eaux thermales, associées à des soins spécifiques réalisés sous contrôle médical, elle vise à soulager certains symptômes tels que les douleurs, les troubles de la mobilité, les contractures musculaires ou encore les vertiges.

Reconnue parmi les 12 orientations thérapeutiques prises en charge par l’Assurance Maladie, la cure thermale en neurologie peut être prescrite par un médecin dans le cadre d’un suivi global de la maladie. En France, seules trois stations thermales sont agréées pour cette orientation : Lamalou-les-Bains, Ussat-les-Bains et Néris-les-Bains.

Illustration des symptômes pouvant être soulagés par une cure thermale en neurologie
Source photo : https://fr.freepik.com/

Quels sont les bienfaits d’une cure thermale en neurologie ?

La cure thermale ne permet pas de guérir une maladie neurologique, mais elle peut contribuer à améliorer la qualité de vie des patients.

Les principaux bénéfices recherchés sont :

  • la diminution des douleurs chroniques,
  • la réduction des tensions et des contractures musculaires,
  • l’amélioration de la mobilité articulaire,
  • le maintien de l’autonomie au quotidien,
  • une meilleure gestion de la fatigue,
  • l’amélioration de l’équilibre et de la coordination,
  • Une amélioration du bien-être psychologique grâce à une prise en charge globale de la maladie.

Les effets peuvent varier d’un patient à l’autre selon la pathologie, son évolution et l’état de santé général.

Quelles pathologies sont prises en charge en cure thermale de neurologie ?

La cure thermale en neurologie s’adresse à différentes affections neurologiques chroniques ou à certaines séquelles neurologiques.

Elle peut notamment être indiquée dans les cas suivants :

Les indications et pathologies exactes seront évaluées par le médecin prescripteur en fonction de la situation du patient.

Cure thermale et maladie de Parkinson

La cure thermale peut accompagner les personnes atteintes de la maladie de Parkinson en favorisant le maintien de la mobilité, en réduisant certaines douleurs musculaires et articulaires et en favorisant le maintien d’une activité physique adaptée.

Cure thermale et maladie de Parkinson

Cure thermale après un AVC

Après un AVC, la cure thermale peut s’inscrire dans un programme global de réadaptation afin d’aider à préserver les capacités motrices et contribuer à préserver les capacités fonctionnelles et accompagner la rééducation.

Cure thermale après un AVC

Quels sont les soins proposés lors d’une cure thermale en neurologie ?

Lors d’une cure thermale conventionnée, le patient reçoit au minimum quatre soins thermaux par jour.Les soins proposés visent à réduire la douleur et à diminuer les tensions musculaires. On retrouvera des soins tels que :

  • le bain (général et avec douche immergée)
  • la douche générale et/ou locale
  • les cataplasmes de boue thermale
  • la mobilisation en piscine avec un kinésithérapeute
  • des cours de sophrologie (optionnels et non pris en charge par la sécurité sociale)

C’est le médecin thermal qui prescrira les soins aux curistes avant le début du séjour. Ainsi, chaque cure thermale est adaptée au patient et à son état de santé.

Cure thermale soins

Où faire une cure thermale en neurologie en France ?

La neurologie est l’une des orientations thermales les plus spécifiques. En France, seules trois stations thermales disposent de l’agrément permettant de prendre en charge cette orientation thérapeutique. En effet, chaque station, selon la qualité et la composition de son eau thermale, est indiquée pour la prise en charge de pathologies spécifiques. Ainsi, toutes les stations thermales ne sont pas habilitées à traiter les mêmes affections.

La carte des stations en neurologie :

Carte des stations thermales en France spécialisées en neurologie

Les thermes de Néris-les-Bains dans le département de l’Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les thermes d’Ussat-les-Bains dans le département de l’Ariège, en région Occitanie.

Les thermes de Lamalou-les-Bains dans le département de l’Hérault, en région Occitanie.

Le choix du centre thermal

La réalisation d’une cure thermale n’a pas pour objectif de soigner ou de guérir une pathologie mais uniquement d’en soulager les symptômes. Une cure thermale ne peut pas remplacer ou se substituer à un traitement médicamenteux et un suivi médical régulier.

Démarche et prise en charge d’une cure thermale en neurologie

La neurologie fait partie des 12 orientations thermales reconnues et prises en charge par l’Assurance Maladie. Une cure thermale conventionnée en neurologie doit être prescrite par un médecin (traitant ou spécialiste). Elle peut être prise en charge en partie par l’Assurance Maladie si elle respecte certaines conditions.

La prise en charge et le remboursement d’une cure thermale
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3e journée parlementaire du thermalisme : quels enjeux pour le remboursement des cures thermales ?

Chez LesCuristes.fr, il nous a semblé essentiel de suivre la 3e Journée parlementaire du thermalisme, organisée le mercredi 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale, afin d’informer les curistes sur les réflexions en cours autour de l’avenir du remboursement des cures thermales.

À l’heure où ce remboursement est de plus en plus questionné au niveau de l’État, cette rencontre réunissant parlementaires, médecins et experts de la santé constituait un temps fort pour la filière thermale.

Débats de la 3e Journée parlementaire du thermalisme à l’Assemblée nationale, mai 2026

La 3e Journée parlementaire du thermalisme à l’Assemblée nationale

Cet événement, intitulé « Thermalisme : quel bénéfice pour les patients ? Quel coût pour la société ? », intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la filière thermale française. Lors des discussions autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), l’hypothèse d’un déremboursement des cures thermales par décret a provoqué une vive inquiétude chez les professionnels du secteur comme chez les patients.

Dans le même temps, la Haute Autorité de santé a été saisie par le Gouvernement afin d’évaluer l’efficacité du service médical rendu par le thermalisme. Une démarche qui pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir des cures thermales en France.

Parlementaires, médecins, économistes, représentants des patients et professionnels de la filière se sont ainsi réunis à l’Assemblée nationale pour débattre publiquement des enjeux sanitaires, économiques et sociaux liés à la médecine thermale.

programme journee parlementaire

À l’origine de cette dynamique parlementaire, le sénateur du Puy-de-Dôme Jean-Marc Boyer, initiateur de la Journée parlementaire du thermalisme, poursuit depuis plusieurs années son engagement en faveur de la reconnaissance du secteur. À ses côtés, le député des Hautes-Pyrénées Denis Fégné, président du groupe d’études « thermalisme » à l’Assemblée nationale, joue un rôle central dans la coordination des travaux et la défense du thermalisme médical au niveau parlementaire. Ensemble, ils incarnent une mobilisation politique transpartisane autour de l’avenir des cures thermales.

HAS : une évaluation du thermalisme qui s’inscrit dans la durée jusqu’en 2027

intervention du dr cedric carbonneil lors de la journee parlementaire du thermalisme
Dr Cédric Carbonneil

Parmi les interventions les plus attendues figurait celle du Dr Cédric Carbonneil, chef du service de l’évaluation des actes professionnels, adjoint à la directrice de l’évaluation et de l’accès à l’innovation de la Haute Autorité de santé (HAS), venu détailler les travaux engagés autour de l’évaluation du service médical rendu du thermalisme.

Premier enseignement : aucune conclusion de la HAS n’est attendue avant 2027.

Selon les précisions apportées lors de cette Journée parlementaire, l’année 2026 doit avant tout permettre de construire le cadre méthodologique de cette évaluation. La HAS travaille actuellement à adapter ses critères d’analyse aux spécificités de la médecine thermale, avec des travaux préparatoires, des enquêtes de pratiques et une réflexion sur les méthodes d’évaluation les plus pertinentes.

L’analyse approfondie des données et les éventuelles conclusions interviendront dans un second temps, à partir de 2027.

Cures thermales en Europe : la France est-elle vraiment un cas à part ?

Il est souvent évoqué comme argument principal que la France est le seul pays de l’Europe à prendre en charge la cure thermale. Mais qu’en est il vraiment ? 

Les données présentées lors de cette Journée parlementaire ont permis de comparer la place du thermalisme dans plusieurs pays européens.

Si les modèles de prise en charge varient fortement selon les États, de nombreux pays continuent d’intégrer les cures thermales dans leur politique de santé publique, avec des niveaux de remboursement et des durées de cure différents. Ainsi, alors que la France maintient traditionnellement un format de 18 jours de soins, d’autres pays proposent des durées plus courtes ou plus flexibles, allant de 10 jours à 4 semaines selon les pathologies et les systèmes de santé concernés, avec des remboursements pouvant prendre en charge jusqu’à 100 % du séjour (frais de soins, transport et hébergement).

Ainsi, ces différents cas illustrent la diversité des approches européennes concernant le thermalisme, tant sur les niveaux de remboursement que sur les critères médicaux ou sociaux retenus par chaque pays. On constate alors que la France n’est pas le seul pays de l’Union européenne à financer les cures thermales et plutôt qu’elle se situe dans la partie basse en matière de prise en charge des soins thermaux.

Il est également important de rappeler qu’en France, le curiste reste le principal financeur de son séjour thermal.

À retenir de la 3e Journée parlementaire du thermalisme :

  • Les échanges ont confirmé la forte sensibilité du dossier du remboursement des cures thermales dans un contexte de réévaluation par les pouvoirs publics.
  • La Haute Autorité de santé a confirmé que ses travaux d’évaluation du service médical rendu étaient en cours, mais qu’aucune décision n’était attendue avant 2027.
  • Les comparaisons européennes montrent des modèles très divers, la France ne constituant pas un cas isolé en matière de prise en charge du thermalisme.
  • Les débats ont mis en avant à la fois l’intérêt médical des cures thermales et leur rôle économique et territorial, notamment dans les zones thermales.
  • Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de considérer le thermalisme comme un outil de prévention et non uniquement comme une dépense de santé.

En clôture de cette journée, le Pr Christian Hérisson, président de la Fédération Thermale et Climatique Française (FTCF), a insisté sur la nécessité de poursuivre la mobilisation en faveur du thermalisme.

Figure majeure du secteur, il a rappelé l’importance de renforcer la recherche scientifique et les évaluations médico-économiques afin de mieux objectiver les bénéfices des cures thermales, notamment dans la prise en charge des maladies chroniques et la prévention.

Pour lui, l’enjeu dépasse la seule question du remboursement : il s’agit de consolider durablement la place du thermalisme dans une approche globale de la santé, intégrant qualité de vie, prévention et accompagnement non médicamenteux.

le Pr Christian Hérisson, président de la Fédération Thermale et Climatique Française (FTCF) à la journee parlementaire du thermalisme
Pr Christian Hérisson, président de la Fédération Thermale et Climatique Française (FTCF)

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Thermes de Luchon : mini-cures, récupération sportive et nouveaux soins, les nouveautés 2026

Nommée directrice des thermes de Luchon en décembre 2025, Sandrine Tourillon prend la tête d’un établissement emblématique des Pyrénées, entièrement rénové au cours des dernières années. Nouvelles offres de soins, mini-cures, récupération sportive, bien-être et développement du thermalisme : elle revient avec nous sur les nouveautés 2026 et les ambitions des thermes de Luchon.

Portrait de Sandrine Tourillon, directrice des thermes de Luchon
Sandrine Tourillon — Photo : Arnaud-Spani-Pyrénées31

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Sandrine Tourillon, directrice des thermes de Luchon depuis le 1er décembre 2025. J’arrive du secteur médico-social et des EHPAD. Je suis très heureuse de rejoindre les thermes de Luchon et le groupe Arenadour, dans un univers assez différent de celui que je connaissais jusque-là.
Je connaissais le thermalisme surtout à travers l’expérience de mes parents, qui avaient déjà effectué des cures, mais c’est la première fois que je découvre ce milieu de l’intérieur.

Découvrir le centre thermal

Pouvez-vous nous parler de Luchon et de ce que les curistes peuvent y trouver en dehors des soins ?

Luchon est surnommée la « Reine des Pyrénées ». C’est une ville thermale historique. Selon l’histoire locale, les thermes de Luchon seraient parmi les premiers créés en Europe après ceux de Naples. Le thermalisme fait vraiment partie de l’ADN de la ville, au même titre que la montagne ou le ski.

Ce qui est intéressant à Luchon, c’est qu’il y a énormément de choses à faire selon les saisons et selon les profils. Les curistes peuvent profiter de balades, de randonnées, du golf ou encore d’activités plus douces comme le yoga, la gym douce ou la sophrologie. Les guides de montagne proposent aussi des activités accessibles aux curistes.

L’office de tourisme organise des circuits et des visites guidées de la ville. Il y a également un cinéma et de nombreux événements tout au long de l’année.

La station thermale de Luchon est aussi une ville très dynamique sur le plan culturel et sportif. Il y a par exemple le Festival des Fleurs au mois d’août, le Cosmo Jazz, mais aussi beaucoup d’événements liés au sport : trails, triathlons, rassemblements autour des véhicules anciens. Il se passe toujours quelque chose ici.

La montagne fait évidemment partie intégrante de l’expérience à Luchon. Aujourd’hui, l’ascenseur valléen de Superbagnères est ouvert été comme hiver, ce qui permet d’accéder facilement à l’altitude et de profiter des paysages pyrénéens. Une fois en haut, les visiteurs peuvent aussi profiter des restaurants, des bars et des nombreux points de vue sur la montagne.

C’est aussi très appréciable pour les personnes plus âgées ou celles qui ont davantage de difficultés à accéder à la montagne habituellement. À Luchon, on peut profiter de la montagne sans forcément pratiquer une activité sportive intensive.

Le centre thermal a terminé un important programme de rénovation. Comment les curistes ont-ils accueilli ces transformations ?

L’ensemble des travaux a été achevé en 2024 et le spa a ouvert en décembre 2024. C’était un chantier très important, porté avec le soutien de nombreux acteurs : la Région, le Département, la commune et différents partenaires institutionnels.

Les travaux ont été réalisés alors que le site restait ouvert, ce qui a parfois été compliqué pendant deux ans, autant pour les équipes que pour les curistes. Mais aujourd’hui, les personnes qui connaissaient les anciens thermes sont ravies du résultat.

Les installations sont modernes, lumineuses et pensées à la fois pour améliorer le parcours du curiste et les conditions de travail des salariés. Les espaces sont plus ouverts, plus fonctionnels et plus agréables.

La station thermale de Luchon
thermes de luchon

Le spa et l’espace thermoludique font partie des nouveautés importantes. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le spa permet aujourd’hui d’élargir l’offre au-delà des curistes traditionnels. On accueille aussi des familles, des visiteurs de passage ou des personnes qui viennent simplement passer un week-end bien-être à la montagne.

Nous proposons des massages, des espaces de détente et des soins réalisés avec des produits Sothys, fabriqués en France, près de Brive.

Il y a aussi tout l’espace thermoludique, qui attire une clientèle plus large. Avec le retour du train, cela ouvre de nouvelles perspectives. Des Toulousains peuvent venir facilement à la journée ou sur un week-end, profiter des thermes et de la montagne puis repartir sans voiture.

Spa thermal de Luchon avec bassin de balnéothérapie dans les thermes de Bagnères-de-Luchon
Source photo : https://www.thermes-luchon.fr/
thermes de Luchon
Source photo : https://www.thermes-luchon.fr/

Une offre « rail-bien-être » a d’ailleurs été mise en place avec la Région. Elle comprend l’aller-retour en train et deux heures de balnéo incluses. L’idée est de développer progressivement ces mini-séjours autour du bien-être et de la montagne.

On sent un véritable soutien des collectivités pour accompagner ce développement. Il y a aussi une réflexion autour des mobilités et de l’écologie, avec la volonté de favoriser l’accès en train plutôt qu’en voiture.

Le vaporarium reste l’un des équipements emblématiques de Luchon ?

Oui, c’est vraiment un lieu unique. Le vaporarium est une grotte naturelle de vapeur thermale, unique en Europe. Certains curistes viennent spécifiquement à Luchon pour ce soin.

Il est utilisé dans les cures conventionnées, notamment en rhumatologie et pour les voies respiratoires, mais il est également accessible via l’espace thermoludique (en dehors des heures de cure).

À l’intérieur, il fait environ 42°C avec 95 % d’humidité. Cette chaleur humide est particulièrement intéressante pour détendre les muscles, les tendons et soulager certaines douleurs rhumatismales. Elle est également bénéfique pour les voies respiratoires.

vaporarium luchon cure thermale ou thermoludique

Le Vaporarium de Luchon

Quelles sont aujourd’hui les grandes orientations thérapeutiques des thermes de Luchon ?

Historiquement, Luchon est reconnue pour les voies respiratoires et les soins ORL. C’est une spécialité très importante ici, notamment pour les enfants. Il existe d’ailleurs une salle dédiée aux plus jeunes, surnommée la salle « Haribo », afin qu’ils puissent suivre leurs soins dans un espace adapté, séparé des adultes et des personnes ayant d’autres pathologies.

Cette organisation permet d’accueillir les familles dans de bonnes conditions, particulièrement pendant les vacances scolaires. Des offres spécifiques ont été mises en place afin que les parents et les enfants puissent effectuer leur cure ensemble.

Les problématiques respiratoires sont aujourd’hui très présentes, notamment pour les habitants des grandes villes comme Toulouse, où les allergies liées aux pollens sont particulièrement importantes. Une cure permet de travailler sur les voies respiratoires, de les « nettoyer » avant les périodes les plus sensibles et d’accompagner les personnes souffrant d’allergies ou d’asthme.

Luchon conserve également un vrai savoir-faire médical dans ce domaine, avec des médecins thermaux et des soins spécifiques qui ont parfois disparu dans d’autres stations.

Parallèlement, toute la partie rhumatologie reste essentielle. Les soins thermaux permettent d’accompagner les douleurs articulaires, musculaires ou les maux de dos, qui touchent aujourd’hui beaucoup de personnes, notamment avec les modes de vie plus sédentaires.

L’objectif global est vraiment de répondre aux problématiques des citadins, à travers des soins liés aux voies respiratoires, à la récupération, au bien-être et à la prévention.

Suivre une cure thermale à Luchon

Vous développez aussi une nouvelle offre autour de la circulation sanguine et de la récupération sportive ?

Oui, c’est un axe de développement important. L’idée portée par Monsieur Maxime Vilgrain est de faire de Luchon « la station thermale des citadins ».

Il y a déjà toute une expertise autour des voies respiratoires et de l’ORL. Quand on regarde une ville comme Toulouse, avec les problématiques de pollution et de pollens, on voit qu’il y a de vrais besoins. Luchon peut apporter des réponses sur ces sujets.

Mais il y a aussi tous les problèmes liés aux modes de vie actuels : on reste beaucoup assis, on bouge moins, on développe des douleurs de dos, des troubles circulatoires ou des tensions musculaires.

À partir du 1er juin, nous avons donc mis en place des « soins froids ». Nous ne parlons pas encore de phlébologie car il n’y a pas d’agrément à ce jour, mais c’est un projet à plus long terme.

Ces soins comprennent notamment un couloir de marche dans une eau thermale refroidie, avec des bulles et des jets, afin de stimuler la circulation sanguine. Il existe aussi des pulvérisations froides sur les membres inférieurs, des compresses thermales refroidies ainsi qu’un aéro-bain.

Les retours sont très positifs. Les personnes ressentent rapidement une sensation de jambes plus légères et une amélioration de la circulation.

La récupération sportive fait également partie de vos nouvelles offres ?

Oui, car cela correspond complètement à l’identité de Luchon, très tournée vers le sport, la montagne et les activités de plein air.

Nous avons imaginé des soins chauds et des soins froids complémentaires. Il y a par exemple la douche évaporée, avec de la vapeur thermale appliquée sur le dos pour soulager les tensions après une randonnée ou une activité sportive.

Nous proposons aussi des étuves, particulièrement appréciées des cyclistes après plusieurs heures passées sur le guidon.

L’idée est vraiment d’avoir une approche globale de la récupération et du bien-être.

On parle beaucoup aujourd’hui des mini-cures et des formats plus courts. Observez-vous cette évolution ?

Oui, très clairement. Les attentes évoluent. Certaines personnes ne peuvent plus partir trois semaines complètes en cure, notamment les familles avec enfants ou les actifs.

Nous développons donc des cures liberté sur 3 ou 5 jours, ainsi que des formats découverte. Cela permet davantage de souplesse. Les personnes peuvent faire leurs soins le matin puis profiter de l’après-midi pour visiter la région, randonner ou simplement se reposer.

Nous avons aussi lancé des cures du soir, entre 16 h et 19 h 30. Cela s’adresse notamment aux personnes qui travaillent, télétravaillent ou souhaitent conserver leurs journées libres.

L’espace premium offre aussi un environnement plus calme, avec une fréquentation limitée à une trentaine de personnes, ce qui est très apprécié.

Découvrir les min-cures thermales

Quels sont les grands projets à venir pour les thermes de Luchon ?

Le développement des soins autour de la circulation sanguine fait partie des grands projets. Pour l’instant, nous sommes dans une phase de lancement et d’expérimentation afin d’observer comment les patients et les acteurs locaux accueillent ces nouvelles offres.

Nous voulons aussi continuer à développer l’accessibilité du site, notamment avec les navettes depuis la gare et toutes les réflexions autour des mobilités douces.

Il y a également une vraie volonté de travailler dans une logique durable et responsable. La montagne et les ressources thermales sont précieuses. Il faut les préserver et construire des projets cohérents avec cette réalité.

Découvrir le centre thermal

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L’orientation thermale en Trouble du Développement chez l’Enfant (TDE)

Les troubles du développement chez l’enfant peuvent avoir des impacts importants sur le quotidien, l’apprentissage et la qualité de vie. Face à ces difficultés, certaines solutions complémentaires existent pour accompagner les jeunes patients de manière globale. Parmi elles, la cure thermale occupe une place particulière. Reconnue par l’Assurance Maladie dans le cadre de l’orientation « Trouble du Développement chez l’Enfant » (TDE), elle propose une prise en charge à la fois médicale, éducative et relationnelle.

Pendant trois semaines, l’enfant bénéficie de soins thermaux adaptés, d’un suivi médical personnalisé et d’un environnement structurant favorisant la détente, la socialisation et la progression dans son autonomie.

 

L’orientation thermale en Trouble du Développement chez l’Enfant
Image de Freepik

Qu’est-ce que l’orientation thermale Trouble du Développement chez l’Enfant ?

L’orientation thermale en Trouble du Développement chez l’Enfant (TDE) fait partie des 12 orientations thermales reconnues et prises en charge par la Sécurité sociale. Accessible dès le plus jeune âge, la cure thermale permet une prise en charge à la fois physique et psychologique. Véritable démarche préventive, éducative et curative, l’ensemble des moyens mis en place durant les 3 semaines de cure aide l’enfant à comprendre sa maladie et l’importance des traitements.

La cure thermale TDE repose sur une approche globale mêlant :

  • des soins thermaux quotidiens,
  • un suivi médical personnalisé,
  • un accompagnement éducatif,
  • un environnement favorable au bien-être de l’enfant.

Cette prise en charge aide également l’enfant à mieux comprendre sa pathologie, à gagner en autonomie et à mieux vivre certains traitements ou contraintes du quotidien.

Les bienfaits de la cure thermale chez l’enfant

Les cures thermales utilisent les propriétés naturelles des eaux thermales riches en minéraux et oligo-éléments. Les soins sont adaptés à l’âge de l’enfant et réalisés sous surveillance médicale.

Les soins thermaux peuvent contribuer à :

  • apaiser certaines tensions physiques et nerveuses,
  • améliorer la qualité du sommeil,
  • favoriser la relaxation,
  • accompagner la rééducation motrice,
  • renforcer la confiance en soi,
  • encourager la socialisation.

L’aspect humain joue également un rôle important. Pendant leur séjour, les enfants rencontrent d’autres jeunes confrontés à des difficultés similaires. Ces échanges favorisent souvent le mieux-être psychologique et l’intégration sociale.

Quelles pathologies peuvent être prises en charge en cure thermale TDE ?

Plusieurs troubles du développement et pathologies infantiles peuvent être accompagnés dans le cadre d’une cure thermale TDE, notamment :

Chaque prise en charge doit faire l’objet d’un avis médical afin de déterminer l’intérêt d’une cure thermale selon la situation de l’enfant.

Comment se déroule une cure thermale pour enfant ?

À l’image des cures thermales pour adultes, celles destinées aux enfants reposent sur les bienfaits des minéraux et oligo-éléments présents dans l’eau thermale, via des soins d’hydrothérapie. Ces traitements quotidiens permettent de profiter des propriétés apaisantes, anti-inflammatoires et calmantes de l’eau thermale.

Une cure thermale conventionnée dure 18 jours de soins. L’enfant est suivi par un médecin thermal qui adapte les soins à son âge et à sa pathologie.

Selon les établissements thermaux, différents soins peuvent être proposés :

  • bains thermaux,
  • douches thermales,
  • piscine thermale,
  • applications de boue thermale,
  • exercices en eau thermale,

Certaines stations thermales disposent également de structures spécialisées et d’équipes formées à l’accueil des jeunes curistes.

Les soins thermaux

La prise en charge de la cure thermale pour les enfants par l’Assurance Maladie

La prise en charge d’une cure thermale pour enfants suit le même processus que pour les adultes. Elle doit être prescrite par un médecin traitant ou spécialiste pour être partiellement remboursée par la Sécurité sociale.

Lorsque la cure est acceptée par l’Assurance Maladie, plusieurs frais peuvent faire l’objet d’une prise en charge partielle :

  • le forfait thermal,
  • les honoraires médicaux,
  • certains frais de transport et d’hébergement sous conditions de ressources.

Le reste à charge peut être remboursé en totalité ou en partie par la mutuelle selon le contrat souscrit.

Les étapes pour réaliser une cure thermale

Où loger pendant une cure avec son enfant ?

Dans certaines stations thermales accueillant des enfants, il existe des maisons d’enfants à caractère sanitaire permettant une prise en charge globale du jeune curiste durant son séjour.

Dans la majorité des cas, l’enfant doit toutefois être accompagné par un parent ou un proche.

Pour faciliter l’organisation du séjour, il est recommandé de choisir un hébergement situé à proximité des thermes. Résidences de tourisme, appartements meublés, hôtels ou campings : plusieurs solutions existent selon le budget et les besoins des familles.

Au niveau du choix du logement, n’hésitez pas à vous référer à la partie hébergements du site LesCuristes.fr afin de trouver l’hébergement qui vous convient. Le site LesCuristes.fr propose plus de 3 000 annonces à travers la France. Vous y trouverez des résidences de tourisme, des hôtels, des meublés de tourisme ainsi que des campings.

Trouver un hébergement thermal

Les établissements thermaux ayant l’agrément en Trouble du Développement chez l’Enfant

À savoir

Toutes les orientations thermales conventionnées peuvent être accessibles aux enfants sur avis médical, selon leur pathologie et les recommandations du médecin.

FAQ – Cure thermale et troubles du développement chez l’enfant

À partir de quel âge un enfant peut-il faire une cure thermale ?

Une cure thermale peut être envisagée dès le plus jeune âge, à condition qu’elle soit prescrite par un médecin et adaptée aux besoins de l’enfant.

Une cure thermale pour enfant est-elle remboursée ?

Oui. Lorsqu’elle est prescrite par un médecin et acceptée par l’Assurance Maladie, une partie des frais liés à la cure thermale peut être prise en charge.

Combien de temps dure une cure thermale TDE ?

Une cure thermale conventionnée dure 18 jours de soins, répartis sur 3 semaines.

Quels troubles peuvent être traités en cure thermale TDE ?

Les cures thermales TDE accompagnent notamment l’énurésie, certains troubles psychomoteurs, des troubles du comportement, certaines pathologies osseuses de croissance ou encore la rééducation après fracture.

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Mini-cure thermale anti-stress : une parenthèse pour relâcher la pression

Le stress fait aujourd’hui partie du quotidien de nombreux Français. Entre rythme professionnel soutenu, charge mentale et sollicitations permanentes, il devient parfois difficile de retrouver un véritable équilibre. Dans ce contexte, la mini-cure thermale anti-stress apparaît comme une solution douce idéale pour souffler quelques jours et réapprendre à se détendre.

Mini cure thermale anti-stress aux thermes de Vals-les-Bains
Source photo : Thermes de Vals-les-Bains – La mini-cure thermale pour lâcher prise

Sans prescription médicale ni engagement de trois semaines, ces séjours courts permettent de profiter des bienfaits du thermalisme dans une version pensée pour le bien-être global.

Une mini-cure thermale anti-stress, concrètement, c’est quoi ?

Une mini-cure thermale (ou court séjour) anti-stress est un programme de soins de courte durée, généralement compris entre 2 et 6 jours, proposé par les stations thermales.

Elle reprend les fondamentaux d’une cure conventionnée, mais avec une approche orientée vers la détente et la récupération.

On y retrouve généralement :

  • bains thermaux relaxants,
  • douches à jets ou douche thermale douce,
  • modelages et soins détente au spa,
  • applications de boue chaude,
  • séances de relaxation guidée ou de sophrologie,
  • cours de sport adaptés,
  • accès aux espaces thermaux et de repos.

L’objectif est clair : faire redescendre la pression physique et mentale.

Qu’est-ce qu’une mini-cure ?

Pourquoi ces cures sont-elles efficaces contre le stress ?

Le stress ne touche pas uniquement le mental : il s’exprime aussi dans le corps. Tensions musculaires, fatigue chronique, troubles du sommeil ou irritabilité sont autant de signaux que l’organisme envoie.

La mini-cure thermale agit sur plusieurs niveaux :

  • relâchement musculaire grâce à la chaleur de l’eau thermale,
  • ralentissement du rythme dans un environnement calme et naturel,
  • déconnexion mentale, loin des écrans, des sollicitations et du stress quotidien.

Même sur une courte durée, ces effets combinés permettent souvent de ressentir un mieux-être.

Les courts séjours thermaux : une tendance en forte croissance

Les cures courtes séduisent de plus en plus de curistes, notamment parce qu’elles s’adaptent aux modes de vie actuels. Elles représentent une alternative idéale pour ceux qui :

  • ne peuvent pas partir trois semaines en cure conventionnelle,
  • souhaitent tester le thermalisme,
  • recherchent une pause bien-être,
  • souhaitent compléter une cure conventionnée avec un 2eme séjour en eau thermale,
  • veulent prévenir les effets du stress avant qu’il ne s’installe durablement.

Ce format court répond à un besoin actuel : prendre soin de soi sans tout arrêter.

Les mini-cures thermales anti-stress à découvrir :

Sur LesCuristes.fr, nous avons sélectionné plusieurs mini-cures thermales dédiées à la gestion du stress et à la relaxation, proposés par des établissements reconnus pour la qualité de leurs soins et de leur accompagnement.

Ces programmes peuvent inclure selon les stations :

  • des soins thermaux spécifiques anti-stress,
  • des modelages relaxants,
  • des activités complémentaires,
  • des formules adaptées aux courts séjours (week-end prolongé, escapade de quelques jours).

Chaque destination possède sa propre approche, ce qui permet de choisir une expérience adaptée à son niveau de stress et à ses attentes.

Voir toutes les mini-cures anti stress

Pour qui sont faites les mini-cures anti-stress ?

Ces séjours s’adressent à un large public, notamment :

  • les personnes sujettes au stress professionnel ou personnel,
  • celles qui ressentent une fatigue nerveuse ou émotionnelle,
  • les personnes ayant des troubles du sommeil liés au stress,
  • les actifs en quête de récupération,
  • toute personne souhaitant s’accorder une pause.

Une pause courte pour un effet durable

La mini-cure thermale anti-stress ne prétend pas supprimer toutes les sources de stress de la vie quotidienne. En revanche, elle offre un véritable temps de respiration, permettant de se recentrer, de relâcher les tensions et de retrouver une énergie plus stable.

Découvrir nos autres séjours :

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Vivre une journée en tant que curiste : le déroulement de votre premier jour de cure thermale

Première cure thermale en approche ? Entre le rendez-vous avec le médecin thermal, les horaires des soins, les formalités administratives ou encore les affaires à prévoir, il est normal de se poser de nombreuses questions avant le départ. Pour beaucoup de nouveaux curistes, le premier jour ressemble à une première rentrée : un mélange d’impatience, de curiosité… et parfois un peu de stress.

Rassurez-vous : les équipes thermales ont l’habitude d’accompagner les primo-curistes et tout est pensé pour vous guider pas à pas. Voici comment se déroule concrètement le premier jour d’une cure thermale conventionnée, ainsi qu’une journée type pendant votre séjour.

pieds curiste bord piscine cure thermale
Image de freepik

Comment se passe le premier jour de cure thermale ?

Le premier jour de cure thermale est un peu différent des autres jours de soins.

Avant le début des soins, ou la veille, vous aurez rendez-vous avec le médecin thermal (rendez-vous que vous devez prendre à l’avance) qui vous prescrira les soins à recevoir durant le séjour. Ainsi, lors de votre premier jour de cure thermale, vous devrez vous rendre dans l’établissement de soins muni des différents papiers (attestation de prise en charge, attestation de mutuelle, etc.) ainsi que la prescription du médecin.

Le médecin thermal

Lors de votre arrivée, plusieurs étapes sont généralement prévues :

  • l’accueil administratif,
  • la remise de votre planning de soins (peut avoir été remis la veille),
  • l’attribution d’un vestiaire, d’un bracelet ou d’un sac de cure (chaque établissement a son propre fonctionnement),
  • les explications concernant le parcours thermal,
  • la découverte des différents espaces de soins.

Le personnel thermal vous accompagne tout au long de cette première matinée afin de vous aider à prendre vos repères. N’hésitez jamais à poser vos questions : les premiers jours sont justement faits pour s’adapter progressivement au rythme de la cure.

Dans la majorité des établissements, les soins se déroulent en matinée, du lundi au samedi (jours fériés inclus) entre 7 h et 12 h. Suivant l’orientation, les soins durent entre 2 et 3 heures, en fonction du planning de chacun et de l’affluence du centre de cure.

Quels documents apporter le premier jour ?

Pour éviter tout stress inutile, pensez à préparer à l’avance les documents nécessaires :

  • votre carte Vitale,
  • votre prise en charge de cure thermale,
  • votre attestation de mutuelle,
  • la prescription du médecin thermal,
  • une pièce d’identité,
  • vos éventuels examens médicaux récents.

Certains établissements peuvent demander des documents complémentaires. Il peut être utile de le vérifier directement auprès de votre station thermale avant le départ.

Quelles affaires prévoir pour une journée de cure thermale ?

Même si chaque établissement possède ses propres règles, certains indispensables reviennent presque partout :

  • un maillot de bain,
  • des sandales antidérapantes,
  • une serviette ou un peignoir, (s’ils ne sont pas prêtés par le centre thermal)
  • une bouteille ou une gourde d’eau,
  • des vêtements confortables,
  • un bonnet de bain.

Le conseil des habitués : privilégiez des vêtements faciles à enfiler entre les soins afin de gagner en confort pendant la matinée.

Cure thermale : les indispensables à ne pas oublier dans sa valise

Une journée type en cure thermale

Dans la majorité des établissements thermaux, les soins se déroulent le matin, du lundi au samedi, jours fériés inclus. Les horaires varient selon les stations, mais les premières séances débutent souvent entre 7h et 8h.

Selon votre orientation thermale et l’affluence de l’établissement, une matinée de soins dure généralement entre 2h et 3h.

Voici à quoi peut ressembler une journée type de curiste :

  • 8h00 : arrivée à l’établissement thermal.
  • 8h10 : passage au vestiaire et préparation avant les soins.
  • 8h20 : début des soins thermaux prescrits par le médecin thermal.
  • 9h00 : temps de repos entre les différents soins.
  • 10h00 : cure de boisson ou participation à un soin collectif.
  • 11h00 : fin de la matinée de soin, retour à votre hébergement et temps libre.

Entre deux soins, des espaces de détente sont mis à disposition afin de permettre aux curistes de récupérer calmement. Ces moments favorisent aussi les échanges entre patients, souvent très appréciés pendant le séjour.

Pourquoi la cure thermale fatigue-t-elle parfois les premiers jours ?

De nombreux nouveaux curistes sont surpris par la fatigue ressentie au début de la cure. Ce phénomène est fréquent et parfaitement normal.

Le corps s’adapte progressivement :

  • au rythme matinal ;
  • à l’enchaînement des soins ;
  • à la chaleur de l’eau thermale ;
  • aux effets du traitement thermal.

C’est pourquoi le repos fait pleinement partie de la cure thermale. Les médecins recommandent souvent de prévoir des après-midis calmes, surtout lors des premiers jours.

Pourquoi la fatigue augmente en cure thermale ?

Que faire l’après-midi pendant une cure thermale ?

Une fois les soins terminés, les après-midis sont généralement libres*. C’est l’occasion idéale pour ralentir le rythme et profiter pleinement du séjour thermal.

Les curistes choisissent souvent de :

  • Se reposer, car le repos fait partie intégrante du traitement.
  • Profiter du SPA de l’établissement thermal pour s’offrir un soin et se relaxer.
  • Retrouver les autres curistes au cours d’activités organisées par le centre de cure.
  • Découvrir la région et les sites touristiques proches de la ville thermale.
  • Faire du sport ou se balader.

L’équilibre entre soins, repos et découverte contribue largement aux bienfaits de la cure.

*Durant la haute saison thermale, certains établissements proposent de réaliser la cure thermale durant l’après-midi.

Nos conseils pour bien vivre votre première journée de cure thermale

Pour débuter votre cure sereinement, quelques habitudes simples peuvent faire la différence :

  • arriver 15 à 20 minutes avant le début des soins,
  • prévoir une tenue confortable,
  • boire suffisamment d’eau après les soins,
  • éviter les programmes trop chargés les premiers jours,
  • accepter de ralentir le rythme,
  • écouter votre corps et votre niveau de fatigue.

Les premiers jours servent surtout à trouver votre rythme. Très rapidement, les habitudes s’installent et la routine thermale devient plus naturelle.

FAQ : premier jour et journée type en cure thermale

À quelle heure commencent les soins thermaux ?

Dans la majorité des établissements, les soins débutent à partir de 7h du matin. Le début des soins de chaque curiste est mentionné lors de la remise du planning au début du séjour.

Combien de temps durent les soins chaque jour ?

Une matinée de soin de cure thermale dure généralement entre 2h et 3h selon les soins prescrits.

Peut-on choisir ses horaires de soins ?

Cela dépend des établissements thermaux et de la fréquentation. Certains centres proposent quelques aménagements d’horaires, toutefois, durant la haute saison il est plus difficile de choisir ses créneaux horaires.

Faut-il se reposer après les soins ?

Oui, le repos fait partie intégrante des bienfaits de la cure thermale, notamment pendant les premiers jours.

Les soins ont-ils lieu tous les jours ?

Les cures thermales conventionnées se déroulent du lundi au samedi, jours fériés inclus.

Toute absence non justifiée entraîne un non remboursement de la cure thermale.

Absence lors d’une cure thermale conventionnée : Quelles conséquences ?

Peut-on faire des activités pendant une cure thermale ?

Oui, mais il est conseillé de privilégier des activités calmes et compatibles avec le repos nécessaire au traitement.

Les étapes de réalisation d’une cure thermale et la demande de prise en charge
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Remboursement des cures thermales : Denis Fégné répond aux inquiétudes des curistes 

Un décret envisagé, une pétition massive, un recul du gouvernement et désormais un projet d’évaluation scientifique : l’avenir des cures thermales entre dans une nouvelle phase de clarification. Alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) se prépare à mener une importante étude scientifique afin d’évaluer le service médical rendu des cures thermales, Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’études sur le thermalisme à l’Assemblée nationale, nous présente les prochaines étapes .

© Assemblée nationale

La Haute Autorité de Santé (HAS) lance une évaluation du service médical rendu des cures thermales, dans un contexte de débats récurrents sur leur remboursement.

Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre rôle concernant le thermalisme à l’Assemblée nationale ?

Je suis Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées (2e circonscription). Avant cela, j’étais élu local, donc je connais bien les collectivités, les investissements et le fonctionnement territorial.

Je connais aussi très bien les Hautes-Pyrénées et la montagne, où est implantée une grande partie des stations thermales de ce territoire. C’est ce qui explique mon engagement sur ce sujet.

Je préside également le groupe d’études du thermalisme à l’Assemblée nationale. Ce groupe a pour objectif de mieux faire connaître cette filière aux parlementaires, car beaucoup connaissent mal la médecine thermale et peuvent avoir des idées faussées.

Ainsi, nous organisons des rencontres et des colloques pour apporter une information plus précise et permettre à la représentation nationale de mieux comprendre et défendre ce secteur, notamment face aux tentatives de déremboursement.

En novembre dernier, les cures thermales ont semblé plus menacées que jamais. Pourquoi cette fois-ci la situation était-elle différente ?

Chaque année, des amendements sont déposés dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) avec des propositions de déremboursement partiel des cures thermales.

Mais cette fois, la situation a été jugée plus inquiétante car on est passé d’amendements classiques à l’évocation d’un décret, avec une perspective de déremboursement qui ne concernait plus uniquement une partie, mais l’ensemble des cures thermales.

Cela change profondément la nature du risque : il ne s’agissait plus uniquement d’un débat parlementaire annuel, mais d’une possibilité d’action réglementaire directe du gouvernement. Cette évolution a provoqué une forte réaction de l’ensemble de la filière thermale : professionnels, établissements, corps médical et patients.

Je rappelle également un élément central du débat économique : le modèle du thermalisme repose sur un effet de levier important sur les retombées économiques locales. Pour environ 1 € de dépense remboursée par la Sécurité sociale, il y a 10 € de retombées induites.

La différence entre amendement et décret

Chaque année, la France vote deux grands textes budgétaires : le budget de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS). Le gouvernement les présente, et les parlementaires peuvent proposer des modifications via des amendements.

Dans ce cadre, certains députés proposent régulièrement des amendements visant à réduire ou supprimer le remboursement des cures thermales, généralement dans une logique de recherche d’économies. Ces propositions sont systématiquement rejetées lors des votes, grâce à un soutien transpartisan large (LR, PS, LFI, PCF…), en faveur du maintien du remboursement.

Mais le système institutionnel français prévoit aussi un autre levier : le pouvoir réglementaire du gouvernement. Contrairement à la loi, un décret ne nécessite pas de vote du Parlement : il peut être pris directement par le gouvernement, après consultation des instances concernées, et signé par le ministre compétent.

Le remboursement des cures thermales relève de ce champ réglementaire. Cela signifie que, même en l’absence de modification législative, un décret peut théoriquement modifier les règles de prise en charge.

C’est pourquoi, ces dernières années, plusieurs projets de décrets ont été évoqués. Ils ont cependant été stoppés ou retirés grâce à différentes mobilisations politiques et institutionnelles (dialogue parlementaire, pression des élus, mobilisation des acteurs de la filière, pétitions).

Face à cette situation, vous avez lancé une pétition pour défendre les cures thermales. Combien de signatures ont été recueillies ?

Effectivement, face à cette situation, j’ai lancé une pétition pour défendre les cures thermales, conjointement avec le sénateur Jean-Marc Boyer et le maire de Dax, Julien Dubois, président des communes thermales.

Cette mobilisation a rapidement pris de l’ampleur et a recueilli plus de 500 000 signatures en un peu plus d’un mois.

Pour moi, cette dynamique a constitué un signal politique fort, traduisant une mobilisation à la fois des professionnels du secteur et des usagers des cures thermales.

Face à cette mobilisation d’ampleur, le Gouvernement a finalement cédé, mais nous ne pourrons pas reproduire ce type de mobilisation chaque année. D’où la nécessité absolue d’une évaluation HAS solide.

La Haute Autorité de Santé a été saisie concernant le service médical rendu des cures thermales ?

Effectivement, et j’accueille très favorablement cette évaluation par la Haute Autorité de Santé (HAS). Il est cependant regrettable qu’il n’y ait pas eu de concertation en amont de cette annonce, faite sans véritable travail préparatoire politique. Toutefois, selon moi c’est aujourd’hui le seul moyen de sanctuariser durablement les cures thermales face aux attaques répétées dont elles font l’objet dans les débats budgétaires et les PLFSS.

J’ai d’ailleurs auditionné la HAS en février dernier dans le cadre du groupe d’études sur le thermalisme que j’ai l’honneur de présider. Nous pouvons dire que j’ai eu “du flair”, et un heureux hasard de calendrier, d’organiser cette audition avant même l’annonce officielle de la saisine par la ministre de la santé.

En effet, depuis plusieurs années, les menaces de déremboursement reviennent régulièrement, sous différentes responsabilités ministérielles. Cela crée une forme d’instabilité pour toute la filière thermale.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la HAS ?

La HAS nous a présenté une méthodologie extrêmement rigoureuse. Nous sommes loin d’une approche expéditive ou idéologique. Cette évaluation sera scientifique, indépendante et particulièrement complexe à mener.

Le thermalisme ne s’évalue pas de la même manière qu’un médicament. On parle d’une médecine humaine, avec des approches multiples selon les pathologies. La HAS devra prendre en compte la multiplicité des indications thérapeutiques, la diversité des pratiques et l’hétérogénéité des établissements.

C’est donc une évaluation qui sera nécessairement longue et approfondie, probablement sur plusieurs années. Elle impliquera un important travail d’analyse et de consolidation de la littérature scientifique existante. Aujourd’hui, on parle déjà de plus de 17 000 références scientifiques identifiées sur dix ans et de près de 26 000 documents à analyser selon les premières estimations élargies.

Il existe également des études très sérieuses, menées par l’AFRETh, (Association Française pour la Recherche Thermale) sur le service médical rendu des cures thermales. Mais sans validation de la HAS, ces travaux ne disposent pas encore d’une reconnaissance officielle. D’ailleurs, des organismes comme la Cour des comptes s’appuient uniquement sur des évaluations validées par la HAS, ce qui a pu poser problème dans les débats précédents.

Je considère donc cette démarche comme une véritable opportunité.

« Sans évaluation officielle de la HAS, les cures thermales resteront fragiles. Il faut en sortir et cela passe uniquement par cette reconnaissance du service médical rendu par la HAS. Cette évaluation est une opportunité de clore définitivement un débat récurrent et injustifié sur le thermalisme. »

Quelle est la situation actuelle ? Des actions sont-elles en cours ?

Nous préparons actuellement la 3ème Journée parlementaire du thermalisme, qui se tiendra le 27 mai à l’Assemblée nationale.

Cet événement réunira des parlementaires, des patients, des professionnels de santé, des représentants de la filière thermale ainsi que la Haute Autorité de Santé. Nous avons souhaité construire un moment d’échanges ouvert, constructif et transparent.

Des débats réuniront des élus de différentes sensibilités, certains très favorables au thermalisme, d’autres plus réservés. Des associations de patients participeront également aux discussions, aux côtés des professionnels de santé.

Une table ronde sera consacrée au retour d’expérience des patients, avec un focus particulier sur l’impact des cures thermales sur leur qualité de vie. Il nous paraît essentiel que cette parole soit entendue dans le cadre des réflexions en cours.

Nous accueillerons également Monsieur Cédric Carbonneil, chef du service Évaluation des actes professionnels au sein de la Direction de l’évaluation médicale, économique et de santé publique de la Haute Autorité de Santé, qui assurera la conférence scientifique.

À cette occasion, il présentera notamment les futures modalités d’évaluation des cures thermales : la méthodologie envisagée, les critères d’analyse ou encore la durée du processus d’évaluation.

Le public pourra également poser directement des questions. Ce sera un moment important de pédagogie, de transparence et de dialogue autour de l’avenir du thermalisme.

Les curistes doivent-ils craindre pour le prochain budget ?

L’objectif est précisément de sortir de ces incertitudes récurrentes.

Aujourd’hui, il n’y a pas de déremboursement prévu, et tout est mis en œuvre pour stabiliser durablement la situation.

« Les patients peuvent être rassurés : cette démarche permettra de sanctuariser les cures thermales. J’ai une pensée pour les patients qui sont dans le doute, mais aussi pour les établissements thermaux. Cette inquiétude se ressent déjà dans les réservations. Il faut donc le répéter : aucun déremboursement n’est prévu, nous les avons sauvées !  »

Le remboursement des cures thermales en Europe :

Durant les précédents débats, il a été dit et redit que la France était le seul pays prenant en charge les cures thermales. Cette information s’avère inexacte, puisque la France se situe en bas du classement européen avec un remboursement limité à 65 % des soins thermaux.

En effet, en Europe, la prise en charge des cures thermales varie fortement selon les pays.

  • L’Allemagne dispose du système le plus complet avec 80 établissements et des cures de réhabilitation entièrement financées par les caisses d’assurance maladie, incluant soins, hébergement et transport sur 3 à 4 semaines, renouvelables chaque année.
  • En Lituanie, les soins sont remboursés à 100 % pour les assurés, avec des séjours allant jusqu’à 20 jours pour les enfants et 18 pour les adultes.
  • Le Luxembourg et la Pologne couvrent environ 80 % des soins et de l’hébergement sur des cures de 3 à 4 semaines.
  • En Slovaquie et en République tchèque, deux niveaux de prise en charge existent selon les indications médicales et l’âge, mais les soins sont dans tous les cas intégralement remboursés pour des séjours de 3 à 4 semaines, avec des modalités variables pour l’hébergement et les repas.

À l’inverse, la France se situe en bas du classement européen avec un remboursement limité à 65 % des soins thermaux. La médecine thermale en France s’inscrit pourtant dans un cadre européen où cette thérapie est largement reconnue et soutenue.

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