Nommée directrice des thermes de Luchon en décembre 2025, Sandrine Tourillon prend la tête d’un établissement emblématique des Pyrénées, entièrement rénové au cours des dernières années. Nouvelles offres de soins, mini-cures, récupération sportive, bien-être et développement du thermalisme : elle revient avec nous sur les nouveautés 2026 et les ambitions des thermes de Luchon.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Sandrine Tourillon, directrice des thermes de Luchon depuis le 1er décembre 2025. J’arrive du secteur médico-social et des EHPAD. Je suis très heureuse de rejoindre les thermes de Luchon et le groupe Arenadour, dans un univers assez différent de celui que je connaissais jusque-là.
Je connaissais le thermalisme surtout à travers l’expérience de mes parents, qui avaient déjà effectué des cures, mais c’est la première fois que je découvre ce milieu de l’intérieur.
Pouvez-vous nous parler de Luchon et de ce que les curistes peuvent y trouver en dehors des soins ?
Luchon est surnommée la « Reine des Pyrénées ». C’est une ville thermale historique. Selon l’histoire locale, les thermes de Luchon seraient parmi les premiers créés en Europe après ceux de Naples. Le thermalisme fait vraiment partie de l’ADN de la ville, au même titre que la montagne ou le ski.
Ce qui est intéressant à Luchon, c’est qu’il y a énormément de choses à faire selon les saisons et selon les profils. Les curistes peuvent profiter de balades, de randonnées, du golf ou encore d’activités plus douces comme le yoga, la gym douce ou la sophrologie. Les guides de montagne proposent aussi des activités accessibles aux curistes.
L’office de tourisme organise des circuits et des visites guidées de la ville. Il y a également un cinéma et de nombreux événements tout au long de l’année.
La station thermale de Luchon est aussi une ville très dynamique sur le plan culturel et sportif. Il y a par exemple le Festival des Fleurs au mois d’août, le Cosmo Jazz, mais aussi beaucoup d’événements liés au sport : trails, triathlons, rassemblements autour des véhicules anciens. Il se passe toujours quelque chose ici.
La montagne fait évidemment partie intégrante de l’expérience à Luchon. Aujourd’hui, l’ascenseur valléen de Superbagnères est ouvert été comme hiver, ce qui permet d’accéder facilement à l’altitude et de profiter des paysages pyrénéens. Une fois en haut, les visiteurs peuvent aussi profiter des restaurants, des bars et des nombreux points de vue sur la montagne.
C’est aussi très appréciable pour les personnes plus âgées ou celles qui ont davantage de difficultés à accéder à la montagne habituellement. À Luchon, on peut profiter de la montagne sans forcément pratiquer une activité sportive intensive.
Le centre thermal a terminé un important programme de rénovation. Comment les curistes ont-ils accueilli ces transformations ?
L’ensemble des travaux a été achevé en 2024 et le spa a ouvert en décembre 2024. C’était un chantier très important, porté avec le soutien de nombreux acteurs : la Région, le Département, la commune et différents partenaires institutionnels.
Les travaux ont été réalisés alors que le site restait ouvert, ce qui a parfois été compliqué pendant deux ans, autant pour les équipes que pour les curistes. Mais aujourd’hui, les personnes qui connaissaient les anciens thermes sont ravies du résultat.
Les installations sont modernes, lumineuses et pensées à la fois pour améliorer le parcours du curiste et les conditions de travail des salariés. Les espaces sont plus ouverts, plus fonctionnels et plus agréables.


Le spa et l’espace thermoludique font partie des nouveautés importantes. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le spa permet aujourd’hui d’élargir l’offre au-delà des curistes traditionnels. On accueille aussi des familles, des visiteurs de passage ou des personnes qui viennent simplement passer un week-end bien-être à la montagne.
Nous proposons des massages, des espaces de détente et des soins réalisés avec des produits Sothys, fabriqués en France, près de Brive.
Il y a aussi tout l’espace thermoludique, qui attire une clientèle plus large. Avec le retour du train, cela ouvre de nouvelles perspectives. Des Toulousains peuvent venir facilement à la journée ou sur un week-end, profiter des thermes et de la montagne puis repartir sans voiture.


Une offre « rail-bien-être » a d’ailleurs été mise en place avec la Région. Elle comprend l’aller-retour en train et deux heures de balnéo incluses. L’idée est de développer progressivement ces mini-séjours autour du bien-être et de la montagne.
On sent un véritable soutien des collectivités pour accompagner ce développement. Il y a aussi une réflexion autour des mobilités et de l’écologie, avec la volonté de favoriser l’accès en train plutôt qu’en voiture.
Le vaporarium reste l’un des équipements emblématiques de Luchon ?
Oui, c’est vraiment un lieu unique. Le vaporarium est une grotte naturelle de vapeur thermale, unique en Europe. Certains curistes viennent spécifiquement à Luchon pour ce soin.
Il est utilisé dans les cures conventionnées, notamment en rhumatologie et pour les voies respiratoires, mais il est également accessible via l’espace thermoludique (en dehors des heures de cure).
À l’intérieur, il fait environ 42°C avec 95 % d’humidité. Cette chaleur humide est particulièrement intéressante pour détendre les muscles, les tendons et soulager certaines douleurs rhumatismales. Elle est également bénéfique pour les voies respiratoires.

Quelles sont aujourd’hui les grandes orientations thérapeutiques des thermes de Luchon ?
Historiquement, Luchon est reconnue pour les voies respiratoires et les soins ORL. C’est une spécialité très importante ici, notamment pour les enfants. Il existe d’ailleurs une salle dédiée aux plus jeunes, surnommée la salle « Haribo », afin qu’ils puissent suivre leurs soins dans un espace adapté, séparé des adultes et des personnes ayant d’autres pathologies.
Cette organisation permet d’accueillir les familles dans de bonnes conditions, particulièrement pendant les vacances scolaires. Des offres spécifiques ont été mises en place afin que les parents et les enfants puissent effectuer leur cure ensemble.
Les problématiques respiratoires sont aujourd’hui très présentes, notamment pour les habitants des grandes villes comme Toulouse, où les allergies liées aux pollens sont particulièrement importantes. Une cure permet de travailler sur les voies respiratoires, de les « nettoyer » avant les périodes les plus sensibles et d’accompagner les personnes souffrant d’allergies ou d’asthme.
Luchon conserve également un vrai savoir-faire médical dans ce domaine, avec des médecins thermaux et des soins spécifiques qui ont parfois disparu dans d’autres stations.
Parallèlement, toute la partie rhumatologie reste essentielle. Les soins thermaux permettent d’accompagner les douleurs articulaires, musculaires ou les maux de dos, qui touchent aujourd’hui beaucoup de personnes, notamment avec les modes de vie plus sédentaires.
L’objectif global est vraiment de répondre aux problématiques des citadins, à travers des soins liés aux voies respiratoires, à la récupération, au bien-être et à la prévention.
Vous développez aussi une nouvelle offre autour de la circulation sanguine et de la récupération sportive ?
Oui, c’est un axe de développement important. L’idée portée par Monsieur Maxime Vilgrain est de faire de Luchon « la station thermale des citadins ».
Il y a déjà toute une expertise autour des voies respiratoires et de l’ORL. Quand on regarde une ville comme Toulouse, avec les problématiques de pollution et de pollens, on voit qu’il y a de vrais besoins. Luchon peut apporter des réponses sur ces sujets.
Mais il y a aussi tous les problèmes liés aux modes de vie actuels : on reste beaucoup assis, on bouge moins, on développe des douleurs de dos, des troubles circulatoires ou des tensions musculaires.
À partir du 1er juin, nous avons donc mis en place des « soins froids ». Nous ne parlons pas encore de phlébologie car il n’y a pas d’agrément à ce jour, mais c’est un projet à plus long terme.
Ces soins comprennent notamment un couloir de marche dans une eau thermale refroidie, avec des bulles et des jets, afin de stimuler la circulation sanguine. Il existe aussi des pulvérisations froides sur les membres inférieurs, des compresses thermales refroidies ainsi qu’un aéro-bain.
Les retours sont très positifs. Les personnes ressentent rapidement une sensation de jambes plus légères et une amélioration de la circulation.
La récupération sportive fait également partie de vos nouvelles offres ?
Oui, car cela correspond complètement à l’identité de Luchon, très tournée vers le sport, la montagne et les activités de plein air.
Nous avons imaginé des soins chauds et des soins froids complémentaires. Il y a par exemple la douche évaporée, avec de la vapeur thermale appliquée sur le dos pour soulager les tensions après une randonnée ou une activité sportive.
Nous proposons aussi des étuves, particulièrement appréciées des cyclistes après plusieurs heures passées sur le guidon.
L’idée est vraiment d’avoir une approche globale de la récupération et du bien-être.
On parle beaucoup aujourd’hui des mini-cures et des formats plus courts. Observez-vous cette évolution ?
Oui, très clairement. Les attentes évoluent. Certaines personnes ne peuvent plus partir trois semaines complètes en cure, notamment les familles avec enfants ou les actifs.
Nous développons donc des cures liberté sur 3 ou 5 jours, ainsi que des formats découverte. Cela permet davantage de souplesse. Les personnes peuvent faire leurs soins le matin puis profiter de l’après-midi pour visiter la région, randonner ou simplement se reposer.
Nous avons aussi lancé des cures du soir, entre 16 h et 19 h 30. Cela s’adresse notamment aux personnes qui travaillent, télétravaillent ou souhaitent conserver leurs journées libres.
L’espace premium offre aussi un environnement plus calme, avec une fréquentation limitée à une trentaine de personnes, ce qui est très apprécié.
Quels sont les grands projets à venir pour les thermes de Luchon ?
Le développement des soins autour de la circulation sanguine fait partie des grands projets. Pour l’instant, nous sommes dans une phase de lancement et d’expérimentation afin d’observer comment les patients et les acteurs locaux accueillent ces nouvelles offres.
Nous voulons aussi continuer à développer l’accessibilité du site, notamment avec les navettes depuis la gare et toutes les réflexions autour des mobilités douces.
Il y a également une vraie volonté de travailler dans une logique durable et responsable. La montagne et les ressources thermales sont précieuses. Il faut les préserver et construire des projets cohérents avec cette réalité.
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