Une pétition pour s’opposer au transfert de 200 millions d’euros
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoit de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé.
Pour Marie Costa, cette décision intervient alors que les représentants du thermalisme s’attendaient à ce que les évolutions éventuelles du remboursement soient examinées après une évaluation du service médical rendu par la Haute Autorité de santé (HAS).
« Il était entendu qu’il y aurait un moratoire jusque largement après les présidentielles et qu’on ne toucherait pas aux cures thermales d’ici là », explique-t-elle.
La maire d’Amélie-les-Bains-Palalda estime que le transfert envisagé remet en cause les discussions engagées avec les représentants du secteur. Elle dénonce « un déremboursement brutal » et regrette l’absence de concertation autour de cette mesure.
Comment soutenir la pétition contre le déremboursement des cures thermales ?
Marie Costa appelle les curistes et les citoyens attachés à la médecine thermale à soutenir cette mobilisation. Pour elle, l’enjeu dépasse la seule question du remboursement : il concerne l’accès aux soins, la santé des patients et l’avenir des communes thermales.
Marie Costa alerte sur le risque d’une médecine thermale à deux vitesses
Au-delà du financement des cures, Marie Costa redoute les conséquences de cette évolution pour les patients, notamment ceux qui disposent de revenus modestes. Selon elle, une augmentation du reste à charge pourrait contraindre certains curistes à renoncer à leurs soins.
« Les gens qui peuvent payer les 600 euros qui ne seront plus remboursés, ils les débourseront. Et ceux qui n’en ont pas les moyens n’auront plus de cure », alerte-t-elle.
La maire défend une médecine thermale accessible à tous et rappelle que les curistes ne viennent pas rechercher du bien-être, mais bien améliorer leur vie quotidienne, face à des pathologies chroniques douloureuses. À Amélie-les-Bains, elle évoque notamment les anciens mineurs atteints de silicose et les personnes dont les conditions de travail ont entraîné des troubles respiratoires ou des douleurs articulaires.
« C’est leur santé et, au-delà de leur santé, leur capital santé et leur dignité qu’on défend », insiste-t-elle.
Elle souhaite ainsi combattre l’image d’une médecine thermale réservée aux personnes aisées et rappelle l’importance de son rôle auprès de patients souffrant de pathologies parfois lourdes.
Déjà 21 500 signatures en quelques jours, contre le déremboursement des cures thermales et des actions annoncées dans les villes thermales
D’autres actions sont prévues pour alerter sur les conséquences possibles d’une baisse de la fréquentation thermale. Marie Costa annonce notamment des opérations « villes mortes » dans plusieurs stations volontaires.
« Dans nos stations, il y aura une journée où tout sera fermé, où les gens se feront allonger par terre dans la rue […] pour montrer ce que serait la vallée si on n’avait plus les cures », explique-t-elle.
L’objectif est de rendre visibles les conséquences que pourrait avoir une disparition progressive de l’activité thermale sur les territoires qui en dépendent.
Réformer le thermalisme, oui, mais dans le cadre d’une concertation
Si Marie Costa s’oppose au transfert de remboursement envisagé, elle ne rejette pas pour autant toute évolution de la médecine thermale. Elle estime que des discussions peuvent être engagées sur la durée des séjours ou le nombre de soins, à condition que les changements soient étudiés et négociés avec les acteurs concernés.
« On n’impose pas de force un changement de modèle en retirant le tapis sous les pieds. Ça, ce n’est pas possible, parce que c’est inacceptable », affirme-t-elle.
La présidente de la Fédération Thermale d’Occitanie défend ainsi une démarche progressive, qui permettrait aux établissements de s’adapter et de renforcer leur fonctionnement. Elle appelle à mettre en place un plan d’action sur plusieurs années plutôt qu’à imposer une modification brutale du financement.
Le financement des cures thermales revient au cœur des discussions budgétaires. Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, le gouvernement envisage de transférer 200 millions d’euros de dépenses liées au remboursement des cures thermales, actuellement prises en charge par l’Assurance maladie, vers les complémentaires santé. Pour rappel, ce montant représente 0,1 % des dépenses de la Sécurité sociale.
PLFSS 2027 : 200 millions d’euros de dépenses transférés aux complémentaires santé
Le 8 octobre 2026, lors de la présentation du budget de la Sécurité sociale devant le conseil de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé un transfert de 700 millions d’euros de dépenses vers les complémentaires santé pour 2027. Sur ce montant, 200 millions d’euros concerneraient les cures thermales conventionnées.
Cette annonce intervient quelques jours après la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, le 1er octobre. À cette date, les cures thermales ne figuraient pas explicitement parmi les mesures d’économies détaillées. Les modalités précises de ce transfert, notamment son calendrier d’application et son articulation avec les contrats des complémentaires santé, restent toutefois à clarifier.
Actuellement, les cures thermales conventionnées prescrites par un médecin sont prises en charge en partie par l’Assurance maladie. Le forfait thermal est remboursé à 65 % du tarif conventionnel et la surveillance médicale à 70 %. Des règles spécifiques s’appliquent notamment aux cures liées à certaines affections de longue durée (ALD).
Les curistes assument déjà une part importante du coût de leur cure, notamment les frais de transport, d’hébergement et de repas. Il est important de rappeler que le remboursement par la Sécurité sociale ne couvre pas l’ensemble des dépenses liées à ces trois semaines de soins.
Le transfert envisagé vers les complémentaires santé pourrait modifier cette répartition. Dans son communiqué de presse du 9 octobre 2026, le CNETh rappelle que les contrats responsables des complémentaires santé ne sont soumis à aucune obligation générale de prise en charge des soins thermaux.
Selon les modalités retenues, les mutuelles pourraient prendre en charge les dépenses transférées, en totalité ou en partie. Dans le cas contraire, certains curistes pourraient devoir payer davantage de leur poche. À ce stade, les conséquences sur le reste à charge des patients et sur les cotisations des complémentaires santé restent incertaines.
La cure thermale : quels bénéfices pour les patients ?
La cure thermale est un traitement médical reconnu pour la prise en charge de certaines maladies chroniques. De nombreux curistes témoignent d’une amélioration de leurs symptômes, de leur qualité de vie et de leur quotidien après une cure.
Selon les pathologies, les soins thermaux peuvent contribuer à soulager durablement certains symptômes et à limiter le recours aux soins dans les mois qui suivent. La Haute Autorité de santé (HAS) mène actuellement une évaluation du service médical rendu des cures thermales afin d’analyser les données scientifiques disponibles sur leurs bénéfices.
Le CNETh dénonce un « déremboursement qui ne dit pas son nom »
L’annonce a rapidement suscité une réaction du Conseil national des établissements thermaux (CNETh). Dans un communiqué publié le 9 octobre 2026, l’organisation professionnelle dénonce un transfert qui, selon elle, risque de se traduire par une diminution effective de la prise en charge des cures thermales.
Le CNETh estime notamment que la mesure est annoncée sans garantie que les complémentaires santé prennent le relais et avant la publication des conclusions de l’évaluation du service médical rendu des cures thermales engagée par la Haute Autorité de santé (HAS).
L’organisation rappelle qu’environ 500 000 patients suivent chaque année une cure thermale prescrite par un médecin, notamment pour des pathologies chroniques rhumatologiques, respiratoires ou vasculaires. Elle s’inquiète des conséquences potentielles d’une réduction de la prise en charge pour ces patients, mais aussi pour les établissements et les territoires thermaux.
Qu’est-ce que le CNETh ?
Le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), créé en 2002, regroupe les établissements thermaux français. Il défend leurs intérêts auprès des pouvoirs publics et de l’Assurance maladie, promeut la médecine thermale et soutient les études scientifiques visant à évaluer ses bénéfices médicaux.
Quelle suite pour le remboursement des cures thermales en 2027 ?
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 est actuellement examiné par les députés. Un premier vote est prévu le 27 octobre à l’Assemblée nationale.
Face au projet de transfert des 200 millions d’euros, la mobilisation se poursuit pour défendre le remboursement des cures thermales. Le 12 octobre 2026,Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’études sur le thermalisme à l’Assemblée nationale, a adressé un courrier à la ministre de la Santé avec le sénateur du Puy-de-DômeJean-Marc Boyer et Julien Dubois, maire de Dax et président de l’Association nationale des maires des communes thermales.
Ils demandent au gouvernement d’abandonner ce projet, de maintenir les conditions actuelles de remboursement jusqu’aux conclusions de la Haute Autorité de santé (HAS) et de recevoir les représentants de la filière thermale.
Dans son communiqué, Denis Fégné dénonce une décision prise sans concertation : « On ne peut pas condamner toute une filière du jour au lendemain, sans concertation ni évaluation des conséquences sanitaires, sociales et économiques d’une telle décision. »
En parallèle, la Haute Autorité de santé (HAS) poursuit son évaluation du service médical rendu des cures thermales. Ses conclusions seront particulièrement attendues.
Les infections urinaires, ou cystites, touchent une grande partie de la population. Cette maladie concerne majoritairement des femmes. En effet, 2 femmes sur 3 feront face à cette situation au cours de leur vie. Lorsque cette infection revient régulièrement (plus de 5 fois par an), on parlera d’infection chronique ou cystite récidivante. Il n’existe pas de traitement pour traiter la chronicité de cette infection, toutefois, des études ont prouvé l’efficacité de la cure thermale dans la diminution du nombre d’infections urinaires.
L’infection urinaire chronique ou cystite récidivante : mieux comprendre les causes de cette pathologie
La cystite est une inflammation bénigne de la muqueuse de la vessie, aux symptômes bien distincts :
Des maux en bas du ventre,
Une envie d’uriner très fréquente pour un petit volume d’urine,
Des brûlures lors de la miction,
Des urines troubles et malodorantes.
La bactérie Escherichia coli est souvent responsable de l’infection urinaire. Ceci est dû principalement à la proximité entre le vagin, l’urètre et l’anus chez la femme qui facilite la colonisation de l’appareil urinaire par les bactéries intestinales.
Cette infection bénigne répandue se soigne très bien par les antibiotiques et un suivi médical par un professionnel de la santé. Chez certaines personnes, les infections se répètent fréquemment, plus de plus de 20 % des femmes étant sujettes à des récidives. Ainsi, au-delà de cinq cystites par an, on parle d’infection chronique. Lorsque l’infection urinaire devient chronique, elle a un impact significatif sur la qualité de vie du patient.
À ce jour, seul le traitement par antibiotiques existe. Il est associé à des recommandations d’hygiène de vie afin de limiter les risques de contamination. Malheureusement, chez certaines personnes il est très compliqué de stopper définitivement les récidives.
La cure thermale, un traitement naturel de l’infection urinaire
La cure thermale viendra en complément d’un traitement médical afin de diminuer le nombre de cycles de contamination annuel, et ainsi réduire la prise d’antibiotiques. En effet, les eaux thermales ont la particularité de nettoyer l’appareil urinaire en profondeur.
Les établissements thermaux indiqués dans la prise en charge des infections urinaires
Les soins de la cure thermale en affections urinaires
Avant le début de la cure thermale, le médecin thermal rencontrera le curiste afin de lui prescrire les soins dont il bénéficiera durant sa cure thermale. Les soins sont adaptés à chaque curiste selon sa pathologie et son état de santé.
La cure de boisson : Elle permet aux patients de réapprendre à boire selon leurs besoins. La cure de boisson permettra d’augmenter le volume de son urine et favorisera une expulsion naturelle des bactéries par la vessie. La cure de boisson intervient également dans la gestion de la constipation, facteur jouant sur les cycles infectieux. De plus, l’eau thermale, par ses vertus, permet de nettoyer l’appareil urinaire et de réduire les calculs présents.
Les bains et applications de boues thermales permettent, par le contact de l’eau sur la peau, de réduire considérablement les douleurs du bas du ventre grâce aux effets antalgiques des eaux.
Des ateliers d’éducation permettent d’apprendre aux patients des gestes du quotidien limitant la prolifération des bactéries dans la vessie (hygiène, hydratation, alimentation…).
Ces soins ont pour objectifs :
de nettoyer l’appareil urinaire en profondeur,
de réduire les douleurs,
d’augmenter le volume d’urine,
d’espacer, voire de réduire les cycles infectieux.
3 séjours en cure thermale sont recommandés afin d’optimiser les effets à long terme et de diminuer considérablement la prise d’antibiotiques néfastes pour la flore intestinale. Toutefois, deux femmes sur trois ressentent un soulagement et une meilleure qualité de vie directement après une première cure thermale.
Comment bénéficier d’une cure thermale pour la prise en charge de l’infection urinaire chronique ?
La réalisation d’une cure thermale est encadrée par des décrets.
Ainsi, pour être prise en charge, une cure thermale conventionnée doit :
Faire l’objet d’une prescription médicale,
Avoir reçu l’accord de prise en charge par la sécurité sociale,
Se dérouler dans l’un des 110 établissements thermaux français,
Être l’unique cure thermale réalisée durant l’année civile,
Durer 21 jours, soit 18 jours de soins,
L’ensemble des soins doit être réalisé, toute absence non justifiée par un motif valable pouvant entraîner le non-remboursement de la cure thermale.
Si l’ensemble des conditions est réuni, la cure thermale sera prise en charge par la sécurité sociale à hauteur de 70% du forfait de surveillance médicale et à 65% du forfait thermal. En fonction des contrats établis, la part restante (nommée ticket modérateur) pourra être prise en charge par la mutuelle du curiste.
Pourquoi ne pas faire une cure thermale en double orientation ?
Il est courant d’être confronté à plusieurs pathologies chroniques, notamment lorsque l’une des pathologies favorise le développement d’une autre. La cure thermale en double orientation est alors une solution adaptée qui permettra de soulager plusieurs pathologies lors d’un seul séjour sans entraîner d’effets secondaires.
Il existe un grand nombre de combinaisons de cure ayant une double orientation, cependant, tous les établissements ne sont pas en mesure de la proposer.
En complément de la cure thermale conventionnée, certains établissements proposent des mini-cures thermales pour les infections urinaires, sur quelques jours. Ces séjours permettent de profiter de soins thermaux adaptés, notamment autour de l’hydratation et du bien-être urinaire.
La mini-cure thermale ne remplace toutefois pas la cure thermale conventionnée, prescrite par un médecin et réalisée sur 18 jours de soins.
Initialement d’une durée de 18 jours, la cure thermale conventionnée en post-cancer du sein est maintenant prise en charge dès 12 jours. Véritable révolution dans le domaine thermal, cette cure est disponible dès maintenant dans certains établissements.
Réaliser une cure thermale « post-cancer du sein » permet d’accompagner le patient (femme ou homme) durant sa convalescence. Une cure thermale n’est pas un traitement contre la maladie, mais une approche globale des séquelles laissées après les différents traitements. Les vertus des eaux thermales utilisées au travers de soins thermaux spécifiques permettent d’améliorer l’aspect des muqueuses et de la peau, de réduire les douleurs articulaires, d’atténuer l’anxiété et le stress laissés par la maladie.
Depuis 2021, il est possible de réserver dans plusieurs établissements thermaux une cure thermale conventionnée post-cancer du sein d’une durée de 12 jours.
Il s’agit d’une innovation très importante pour le secteur thermal qui jusqu’à présent ne pouvait proposer que des cures thermales conventionnées de 18 jours. Cette cure thermale conventionnée de 12 jours en post-cancer du sein prévoit un parcours de soins classique, auquel s’ajoutera un module spécifique. Ce module comprendra des activités liées à l’alimentation, à la remise en activité physique et au bien-être. Ces activités seront au nombre de 2 à 3 chaque jour, en individuel ou en groupe.
La cure thermale post-cancer remboursée par la sécurité sociale
La prise en charge des soins thermaux est identique à une cure thermale conventionnée. Cela signifie que le forfait de soin ainsi que celui de surveillance médicale sera partiellement pris en charge par la sécurité sociale et pourront être complétés par une mutuelle. La facturation de la cure thermale de 12 jours se fera au prorata temporis du forfait de 18 jours. Le coût total de la cure s’élève à 700 euros, dont 350 euros sont remboursés par l’Assurance maladie. Cette cure doit être associée à une cure thermale conventionnée pour des affections spécifiques comme la rhumatologie, la dermatologie, les voies respiratoires, ou encore la gynécologie.
Où faire une cure post-cancer du sein de 12 jours ?
La cure thermale post cancer du sein de 12 jours est une approche pluridisciplinaire qui vise à accompagner les patientes dans leur rétablissement global, en prenant en compte non seulement les aspects physiques, mais aussi sociaux, professionnels, familiaux et psychologiques. Divers ateliers, activités et consultations sont organisés durant le séjour, favorisant le repos, les échanges et le soutien mutuel entre les participantes. Ces éléments permettent à la curiste de retrouver confiance en elle et de se réapproprier son quotidien après la maladie.
Les établissements thermaux proposant une cure thermale de 12 jours
Cette cure thermale sera possible dans différentes stations thermales, dont :
Quels sont les soins thermaux dispensés lors d’une cure thermale post-cancer ?
Les soins thermaux de la cure thermale de 12 jours en post-cancer du sein, sont identiques à ceux dispensés lors d’une cure de 18 jours. Ainsi, les curistes recevront 4 soins thermaux par jour. Dans le cadre de cette prise en charge spécifique, des établissements thermaux ont mis en place des soins spécifiques :
À ces soins s’ajoutent divers ateliers encadrés par des professionnels, selon les établissements.
On peut retrouver :
un accompagnement psychologique,
des groupes de parole.
des soins esthétiques.
des cours de sport adaptés.
un suivi diététique.
des ateliers cuisine.
des conférences.
Une infirmière est également disponible à tout moment au sein des thermes pour tout problème de santé rencontré. Ainsi, si un soin ne convient pas à l’état de santé de la patiente, le médecin thermal en serait informé et la prescription serait modifiée.
Comme chaque année, le mois d’Octobre Rose est consacré à l’information et à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Il s’agit du cancer le plus fréquent chez les femmes. Chaque année, en France, près de 55 000 nouveaux cas sont diagnostiqués, et plus de 12 000 femmes en décèdent. Face à cette situation, de plus en plus de stations thermales françaises proposent des soins spécifiques, des cures post-cancer, ainsi que des mini-cures thermales pour accompagner les malades dans leur convalescence.
Symbolisé par des parapluies et des rubans roses, vous ne manquerez pas les campagnes de mobilisation, les événements sportifs, les rencontres ainsi que les dépistages organisés tout au long du mois d’Octobre rose, en France et dans le monde.
Quel est le but d’Octobre Rose ?
L’objectif d’Octobre Rose est de sensibiliser la population sur cette maladie, à l’importance de la recherche, à l’importance d’accroître le soutien aux femmes atteintes d’un cancer, à la nécessité de se faire dépister et de soutenir la recherche.. En effet, il est primordial d’inciter les femmes à porter une attention particulière à la santé de leurs seins. La réalisation d’examens cliniques par un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme ainsi que la réalisation systématique, tous les deux ans, d’une mammographie à partir de l’âge de 50 ans est fortement conseillée. Se faire dépister n’empêche pas d’avoir un cancer du sein mais permet de le détecter plus tôt, avant l’apparition des premiers symptômes (source : Améli.fr). Une détection précoce d’un cancer permet de réduire son taux de mortalité. Le cancer du sein est l’un des plus fréquents et des plus mortels (source : santé.journéedesfemmes) chez la femme.
Les femmes ayant des antécédents familiaux ou présentant des facteurs de risque, doivent être particulièrement vigilantes, car elles sont davantage exposées.
Pourquoi faire une cure thermale post-cancer du sein ?
Physiques comme psychologiques, les séquelles d’un cancer du sein peuvent persister même après la guérison. Le traitement médical d’un cancer est lourd et invasif et il comporte de nombreux effets secondaires.
La cure thermale accompagne les femmes durant leur convalescence.
Les eaux thermales chaudes et les boues, utilisées au travers des soins thermaux, ont de nombreux effets bénéfiques et thérapeutiques sur l’organisme.
Les eaux permettent d’atténuer les douleurs liées à la chimiothérapie et à la radiothérapie, d’apaiser les cicatrices faisant suite à des interventions chirurgicales, comme la mastectomie.
La cure thermale est une approche indispensable pour soulager le lymphœdème du membre supérieur, qui est l’un des effets secondaires post-opératoires d’un cancer du sein.
La cure thermale améliore l’aspect des muqueuses et de la peau, permet de réduire les douleurs articulaires, mais également d’atténuer l’anxiété et le stress engendrés par la maladie.
Le cadre de la cure thermale est un lieu propice à la reprise d’une activité physique, à l’amorce d’une perte de poids (chez les femmes en surpoids). C’est également un lieu idéal pour la remise en forme et la détente grâce aux nombreux soins de bien-être et massages accessibles dans les spas thermaux.
Les cures thermales dédiées au post cancer du sein sont des lieux où les femmes peuvent se retrouver, échanger et se comprendre.
Véritable parenthèse de détente, la cure thermale propose une prise en charge globale des séquelles post-cancer. Dans cette optique, des établissements thermaux français se sont spécialisés dans le traitement « post-cancer du sein » en s’adaptant au mieux à la demande de ses curistes et en proposant des soins, des ateliers et des activités qui leur sont dédiés.
Combien coûte une cure thermale post cancer du sein ?
Une cure thermale peut être prescrite par un médecin traitant, un dermatologue, un gynécologue ou spécialiste. La réalisation d’une cure thermale peut être prise en charge, partiellement par l’assurance-maladie. La mutuelle peut compléter en prenant en charge les frais annexes et le ticket modérateur. La composition de chaque source d’eaux minérales thermales étant différente, l’établissement de cure devra être choisi en fonction des besoins de la patiente en rémission.
Chaque jour, la curiste bénéficie de 4 à 6 soins thermaux, selon sa prescription médicale, parmi lesquels :
Le prix d’une cure thermale est identique d’une station thermale à une autre pour une orientation et un forfait similaires. Toutefois, certaines options, comme les programmes d’éducation thérapeutique, les ateliers ou les modules complémentaires, restent à la charge du patient.
En France, de nombreuses stations thermales ont développé des séjours post-cancer, s’appuyant sur les vertus de leurs eaux et leur savoir-faire. L’objectif est d’apporter soulagement et réconfort aux femmes en convalescence.
Les établissements thermaux proposant des cures conventionnées post-cancer du sein
Une cure conventionnée est une cure thermale de 18 jours, respectant une nomenclature précise en accord avec l’assurance maladie. Elle est prescrite par un médecin pour une orientation thérapeutique spécifique (voire deux dans le cadre d’une double orientation) et doit répondre à différents critères. Ainsi, certains établissements, en raison de la nature des soins proposés et de l’orientation de la station, sont particulièrement indiqués pour la prise en charge de certaines séquelles post-cancer du sein (cicatrices, gêne au niveau des muqueuses bucco-linguales, lymphœdème). Ainsi, on pourra par exemple retrouver* :
La cure thermale conventionnée est partiellement prise en charge par l’assurance maladie et peut être complétée par une mutuelle, selon le contrat souscrit. Les modules complémentaires restent cependant à la charge du curiste.
*liste non exhaustive.
Les cures thermales conventionnées avec des modules spécifiques post-cancer du sein*
Octobre Rose met en lumière le cancer du sein, mais également les effets post-traitement, qui peuvent être nombreux et parfois peu visibles : douleurs chroniques, maux de dos, dépression, stress… Pour accompagner au mieux les patientes dans leur “retour à la vie normale”, certaines stations thermales ont développé des modules spécifiques post-cancer du sein, qui doivent être ajoutés à une cure thermale conventionnée.
Cure post-cancer remboursée sécurité sociale, d’une durée de 12 jours
Initialement d’une durée 18 jours, la cure thermale conventionnée en post-cancer du sein est maintenant prise en charge dès 12 jours. Véritable révolution dans le domaine thermal, cette cure est disponible dès maintenant dans certains établissements thermaux :
En France, certaines stations thermales proposent également des mini-cures thermales pour la prise en charge post-cancer du sein, afin de s’adapter au mieux aux besoins des curistes. Ces mini-cures, tout comme les séjours complémentaires, combinent une prise en charge thermale avec différents ateliers pluridisciplinaires.
Chaque année en France, plus de 12 000 femmes décèdent de ce cancer (source : fmr.org), majoritairement féminin, c’est trop !
Faites-vous dépister, mobilisez-vous contre le cancer, soutenez la recherche, arborez un ruban rose, participez aux journées de sensibilisation et encouragez le dépistage autour de vous. Chaque année, de nouveaux cas de cancer du sein chez la femme sont découverts trop tardivement…une prise en charge précoce permet de sauver des vies.
A l’occasion d’Octobre Rose, de nombreuses stations thermales se mobilisent et organisent des événements et des actions afin de soutenir le mouvement.
N’hésitez pas à vous renseigner sur la programmation d’Octobre Rose près de chez vous et dans les stations thermales. De nombreuses marches, foulées, courses féminines, randonnées pédestres, triathlons, concerts et autres activités sont organisés par les communes et les associations. L’ensemble des événements caritatifs permettra de récolter des fonds pour la recherche.
La bronchite chronique et la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) sont des maladies respiratoires qui peuvent fortement impacter le quotidien. Essoufflement, toux persistante, encombrement bronchique ou fatigue respiratoire limitent souvent les activités de la vie courante et altèrent la qualité de vie.
En complément du suivi médical habituel, une cure thermale en orientation Voies Respiratoires (VR) peut aider à soulager certains symptômes et à améliorer le confort respiratoire. Grâce à des soins mettant directement les muqueuses respiratoires au contact des eaux thermales, elle s’inscrit comme une approche complémentaire reconnue dans la prise en charge des affections respiratoires chroniques.
Bronchite chronique et BPCO : quelles différences ?
La bronchite chronique est une inflammation durable des bronches qui se caractérise par une toux productive accompagnée d’expectorations, présente plusieurs mois par an et cela depuis plusieurs années.
Lorsque cette inflammation s’accompagne d’une obstruction progressive et permanente des voies respiratoires, on parle alors de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive).
La principale cause de la BPCO est le tabagisme. Toutefois, l’exposition prolongée à certains polluants professionnels ou environnementaux peut également favoriser son apparition.
Les symptômes les plus fréquents sont :
une toux chronique
des expectorations régulières
un essoufflement à l’effort
une diminution progressive des capacités respiratoires
une fatigue liée aux difficultés respiratoires.
Il n’existe aucun traitement permettant de guérir cette maladie. Toutefois, la maladie évolue généralement lentement et nécessite une prise en charge médicale adaptée afin de limiter son aggravation et de préserver la fonction respiratoire. Une cure thermale avec orientation en Voies Respiratoires peut être prescrite par le médecin traitant ou un spécialiste (pneumologue, ORL…) aux personnes souffrant de bronchite chronique ou de BPCO.
Pourquoi partir en cure thermale pour une bronchite chronique ou une BPCO ?
La cure thermale ne permet pas de guérir une BPCO ou une bronchite chronique. En revanche, elle peut constituer un complément thérapeutique intéressant en association avec le traitement prescrit par le médecin.Les soins thermaux respiratoires visent notamment à :
nettoyer les voies respiratoires
fluidifier les sécrétions bronchiques
favoriser leur évacuation
diminuer certaines irritations des muqueuses
améliorer le confort respiratoire au quotidien.
Plusieurs études ont également montré une amélioration de la qualité de vie de certains patients atteints de BPCO après une cure thermale, notamment lorsqu’elle est associée à des programmes d’éducation thérapeutique et d’activité physique adaptée.
Quels sont les bienfaits d’une cure thermale pour la BPCO ?
Pour les personnes souffrant de bronchite chronique ou de BPCO, une cure thermale peut apporter plusieurs bénéfices :
une meilleure respiration au quotidien
une diminution de l’encombrement bronchique
une évacuation facilitée des sécrétions
une amélioration de la tolérance à l’effort
une reprise progressive de l’activité physique
une meilleure compréhension de la maladie
une amélioration globale de la qualité de vie.
Les bénéfices peuvent varier d’un patient à l’autre selon la sévérité de la maladie, l’ancienneté des symptômes et le mode de vie.
À quel moment faire une cure thermale pour une BPCO ?
Une cure thermale pour une BPCO peut être réalisée à différents moments de l’évolution de la maladie, selon les besoins du patient et l’avis du médecin traitant ou du pneumologue.
Elle peut notamment être proposée lorsque la maladie est stabilisée afin d’aider à améliorer le confort respiratoire, de limiter l’impact des symptômes au quotidien et d’accompagner la reprise d’une activité physique adaptée.
Une cure thermale conventionnée peut également être envisagée après une période d’aggravation des symptômes ou une aggravation de la BPCO, une fois l’état de santé stabilisé et après validation médicale.
Dans tous les cas, la cure thermale ne remplace pas le traitement médical de la BPCO. Elle s’inscrit en complément d’un suivi médical régulier et doit être réalisée sur prescription d’un médecin.
Où faire une cure thermale pour la BPCO ou la bronchite chronique ?
Les stations thermales disposant de l’orientation thérapeutique Voies Respiratoires (VR) accueillent les personnes souffrant de bronchite chronique, de BPCO ou d’autres affections respiratoires. Les eaux thermales et les techniques de soins utilisées varient selon les établissements, mais poursuivent le même objectif : améliorer le confort respiratoire et accompagner les patients dans la gestion de leur maladie.
On retrouvera :
La carte des stations thermales de France avec l’orientation VR
Quels soins thermaux sont réalisés lors d’une cure pour la BPCO ?
Lors d’une cure thermale conventionnée, le curiste reçoit des soins pendant 18 jours répartis sur un séjour de 21 jours (hors dimanche). L’ensemble des soins thermaux est prescrit par un médecin thermal rencontré par le curiste avant le début de sa cure. En fonction de son état de santé, de sa pathologie et de ses besoins, le médecin thermal adaptera les soins à prodiguer.
Les soins thermaux des voies respiratoires ne sont pas les plus agréables et les plus relaxants, cependant leur efficacité est reconnue. Leur objectif est de mettre en contact les muqueuses avec l’eau thermale afin de réduire au maximum l’inflammation. Pour ce faire, différents soins thermaux sont réalisés :
Le Programme d’Éducation Thérapeutique du Patient BPCO en milieu thermal
Un programme d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) est un module qui se déroule en plus des soins thermaux. Son objectif est de permettre aux patients de mieux comprendre leurs pathologies et ainsi faciliter la gestion de celle-ci au quotidien.
Le programme d’Éducation Thérapeutique du Patient atteint de BPCO ou bronchite chronique
Face à cette pathologie, les thermes de Cauterets dans les Pyrénées ont mis en place un programme d’ETP dédié aux curistes atteints de BPCO. Réalisé en parallèle de la cure thermale conventionnée en voies respiratoires, ce programme prévoit différents ateliers ainsi qu’un accompagnement personnalisé par une équipe de professionnels.
Au programme :
de la gym respiratoire
des ateliers collectifs
des séances d’activité physique adaptée
des ateliers de réhabilitation respiratoire
Les programmes d’éducation thérapeutique sont à la charge du patient et se déroulent sur des périodes précises. Pour toute réservation, nous vous invitons à contacter directement le centre thermal concerné.
Quelle est la meilleure station thermale pour la bronchite et les BPCO ?
Il n’existe pas une station “meilleure” que les autres. Le choix de la station dépend de plusieurs critères :
Localisation géographique,
Qualité des eaux thermales,
Soins et ateliers proposés,
Équipements et infrastructures.
Certaines stations proposent des doubles orientations pour les patients souffrant de BPCO associée à d’autres pathologies (rhumatismes, eczéma, bronchites chroniques).
Toutes les stations thermales agréées en orientation Voies Respiratoires peuvent accueillir les patients atteints de BPCO. Sur LesCuristes.fr, de nombreux avis de curistes ayant effectué une cure thermale sont disponibles. Ils permettent de consulter des retours d’expérience authentiques sur les soins, les établissements thermaux et les bénéfices ressentis pendant le séjour.
Les mini-cures thermales pour la santé des voies respiratoires
En complément de la cure thermale conventionnée, certaines stations thermales proposent également des mini-cures dédiées aux voies respiratoires. Ces séjours plus courts permettent de bénéficier de soins thermaux ciblés afin de prendre soin de ses voies respiratoires.
Contrairement à la cure thermale conventionnée en orientation Voies Respiratoires (VR), la mini-cure ne s’inscrit pas dans le cadre d’une prise en charge par l’Assurance Maladie et ne remplace pas un suivi médical pour une BPCO ou une bronchite chronique.
FAQ : cure thermale et BPCO
Une cure thermale peut-elle guérir la BPCO ?
Non. La BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) est une maladie chronique et évolutive qui ne peut pas être guérie. La cure thermale ne remplace pas le traitement médical, mais elle peut constituer un complément utile pour améliorer le confort respiratoire et la qualité de vie.
La cure thermale est-elle efficace contre la bronchite chronique ou la BPCO ?
La cure thermale ne traite pas la cause de la maladie, mais elle peut contribuer à réduire certains symptômes comme l’encombrement bronchique, l’essoufflement ou la fatigue respiratoire. Plusieurs patients constatent une amélioration de leur confort respiratoire après une cure, notamment lorsqu’elle est associée à une prise en charge globale (activité physique, éducation thérapeutique, arrêt du tabac).
La cure thermale pour la BPCO est-elle remboursée ?
Oui. Lorsqu’elle est prescrite par un médecin dans le cadre de l’orientation Voies Respiratoires (VR) et acceptée par l’Assurance Maladie, la cure thermale conventionnée peut être prise en charge selon les conditions en vigueur (soins thermaux et, dans certains cas, frais annexes selon ressources).
Alors que le remboursement des cures thermales a été maintenu en 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) va évaluer le service médical rendu des cures thermales afin d’apprécier leur efficacité pour les différentes orientations thérapeutiques. Cette démarche doit permettre de faire le point, indication par indication, sur les soins thermaux, les données scientifiques disponibles et leur efficacité au regard des prises en charge de référence.
Pour mieux comprendre cette évaluation, son déroulement et les différentes étapes prévues, nous avons rencontré Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels à la HAS.
Enquête nationale auprès des établissements thermaux, analyse de la littérature scientifique française et internationale, consultation de professionnels et de patients… Il nous explique concrètement comment cette évaluation sera menée, pourquoi elle prendra plusieurs années et ce qu’elle pourrait apporter au thermalisme.
Cédric Carbonnel, Chef du service d’évaluation des actes professionnels à la Haute Autorité de santé (HAS).
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle au sein de la Haute Autorité de santé (HAS) ?
Je suis Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels à la Haute Autorité de santé (HAS).
Ce service a pour fonction d’évaluer les actes professionnels. Il s’agit de toutes les technologies de santé et interventions autres que les médicaments et les dispositifs médicaux implantables. Cela inclut notamment la chirurgie, la biologie médicale, l’imagerie, les examens cliniques médicaux, les actes paramédicaux et les soins dentaires.
Notre rôle est double. Le premier consiste à évaluer de nouveaux actes en vue de leur remboursement. Nous apportons un éclairage scientifique. Nous ne prenons donc pas les décisions de remboursement ou de non-remboursement : nous éclairons le décideur public pour déterminer s’il est pertinent de rembourser ou non un acte.
L’autre possibilité est de nous demander d’évaluer la pertinence d’actes qui sont déjà remboursés, afin de savoir s’il faut continuer à les rembourser, arrêter leur remboursement, modifier leur périmètre de remboursement ou encore modifier la façon dont ils doivent être réalisés.
Dans le cas du thermalisme, nous sommes dans cette deuxième situation.
Qu’est-ce que la Haute Autorité de santé (HAS) ?
La Haute Autorité de santé (HAS) est une autorité administrative publique indépendante. Nous n’avons pas de tutelle et nous ne sommes pas dépendants du Gouvernement, des ministères ou d’autres acteurs. Ils peuvent nous faire des demandes, mais nous les traitons de manière totalement indépendante. Nous ne sommes pas soumis à des consignes qui pourraient venir du pouvoir politique ou des payeurs : quels qu’ils soient, nous travaillons de manière parfaitement indépendante.
Mais nous ne sommes pas une tour d’ivoire. Nous faisons une analyse de la littérature scientifique, qui constitue notre capacité première, mais nous la réalisons toujours en concertation avec les professionnels et les patients.
Nous avons plusieurs missions principales :
L’évaluation des technologies de santé en vue de leur remboursement.
L’amélioration de la qualité des soins.
La production des recommandations de bonnes pratiques.
Très globalement, nous sommes donc chargés d’évaluer la qualité du système sanitaire, social et médico-social en France, avec différents leviers.
Pourquoi la HAS a-t-elle été saisie pour évaluer le thermalisme ?
LA HAS a été saisie par la ministre de la santé, dans le cadre du remboursement de la cure thermale conventionnée par l’Assurance maladie.
C’est la première fois que la HAS évalue le thermalisme en 2026. Cela ne veut pas dire que c’est un sujet que nous ne connaissons pas. Le thermalisme est dans notre périmètre depuis la création de la HAS. Dans les années qui ont suivi sa création, en 2006-2007, il y a notamment eu la création de l’Association française pour la recherche thermale, l’AFRETh, pour laquelle nous avions été amenés à donner des conseils méthodologiques sur la qualité des protocoles.
L’objectif est donc d’évaluer des actes qui sont historiquement remboursés et pour lesquels on nous demande désormais de déterminer s’il existe une pertinence à continuer leur prise en charge.
Concrètement, comment la HAS va-t-elle évaluer le service médical rendu des cures thermales ? Quelles seront les principales étapes de ce travail ?
La première étape consiste à savoir où nous mettons les pieds. Nous connaissons les grandes orientations thermales, mais nous ne savons pas précisément, pathologie par pathologie, quelles sont les indications qui sont soignées et quels soins thermaux sont réalisés pour chacune d’elles.
La première chose que nous sommes donc en train de faire est une enquête nationale de pratique. Nous avons interrogé la totalité des exploitants thermaux de France pour leur demander précisément ce qu’ils font et comment ils le font. Cette enquête doit nous donner une vision précise du thermalisme, telle qu’elle n’a encore jamais été réalisée. Nous analyserons ensuite les réponses afin de produire un premier document, probablement en novembre ou décembre, qui permettra de balayer l’ensemble de cet horizon.
En parallèle, cette enquête va nous permettre de construire la méthode d’évaluation que nous utiliserons.
Nous avons une méthode globale d’évaluation des technologies de santé qui repose sur plusieurs éléments. Nous réalisons une analyse critique de la littérature scientifique, que nous complétons par une consultation pluridisciplinaire d’experts sans conflit d’intérêts.
Pour le thermalisme, nous devons d’abord déterminer l’étendue du sujet et la manière dont nous allons le découper.
Le thermalisme concerne plusieurs orientations thérapeutiques. L’évaluation sur le service médical rendu des cures thermales devra-t-elle être menée séparément pour chacune de ces orientations ?
Il y aura probablement une ou plusieurs évaluations à mener par grande orientation thermale. Tout dépendra de ce qui ressortira de l’enquête nationale de pratique.
Nous devons d’abord identifier les pathologies réellement prises en charge et voir ce que nous avons comme littérature scientifique pour chacune d’elles.
Pour une pathologie donnée, nous regarderons comment elle est aujourd’hui prise en charge, quels sont les différents éléments et traitements recommandés, puis nous regarderons s’il existe des comparaisons directes avec le thermalisme.
Nous allons donc nous adapter à chaque indication. Nous n’allons pas attendre les mêmes bénéfices d’une pathologie à une autre.
Dans certains cas, nous pourrons rechercher une réduction de la douleur. Dans d’autres, il pourra s’agir d’un gain de mobilité ou de la possibilité de réduire une consommation médicamenteuse, par exemple d’anti-inflammatoires.
Quelles sont les principales difficultés méthodologiques lorsqu’on évalue une prise en charge globale comme la médecine thermale ?
La difficulté est notamment liée au fait que, pour une indication donnée, nous pouvons avoir plusieurs soins thermaux, des eaux différentes et des boues.
Nous pouvons également avoir plusieurs comparateurs, il faut donc avoir une vision globale.
Il faut aussi distinguer ce qui est intrinsèquement lié au thermalisme de ce qui relève de la prise en charge globale qui l’entoure. Vous pouvez avoir, par exemple, des soins avec un nutritionniste, un psychologue ou autre. Ces interventions ne sont pas nécessairement spécifiques du thermalisme.
Nous allons donc fonctionner en cercles concentriques.
Nous allons d’abord regarder, pour une indication donnée, le noyau, c’est-à-dire ce qui est vraiment lié au thermalisme et ce qui n’est pas délocalisable.
Si nous trouvons déjà un bénéfice clinique avéré à ce niveau-là, nous irons regarder autour pour voir si les autres éléments peuvent potentiellement en renforcer l’effet.
Nous allons fonctionner de cette manière afin d’avoir une vision globale et holistique.
À l’inverse, si nous n’identifions pas de bénéfice direct au niveau du cœur thermal, nous n’irons pas regarder au-delà.
De nombreuses études ont déjà été réalisées sur la médecine thermale. Comment la HAS va-t-elle prendre en compte ces travaux scientifiques existants et quelles sources de données seront analysées ?
Nous savons que la littérature scientifique existe et qu’elle est très abondante.
Dans un premier temps, en fonction de ce qui remontera de l’enquête de pratique, nous allons mettre en regard les pathologies identifiées et la littérature disponible.
Nous allons d’abord identifier les indications pour lesquelles nous disposons de littérature et celles pour lesquelles nous n’avons rien. Nous rentrerons ensuite dans la phase d’analyse critique, afin de déterminer si les publications pertinentes sont méthodologiquement recevables et s’il existe un certain nombre de biais.
Ce que nous allons rechercher, ce sont les études comparatives.
En effet, ce sur quoi on nous demande de nous positionner, c’est le service médical rendu des cures thermales.
Le service médical rendu des cures thermales revient à répondre à une question assez basique : est-ce que l’acte que nous évaluons fait mieux, aussi bien ou moins bien que la stratégie de référence dans l’indication, et que le comparateur ?
Nous allons donc regarder, pour une indication donnée, quelle est aujourd’hui la prise en charge recommandée des patients en France.
Nous regarderons les recommandations de bonnes pratiques de la pathologie, afin de voir si elles mentionnent ou non le thermalisme. Nous regarderons ensuite la littérature spécifique du thermalisme pour voir si elle est cohérente avec ce qui peut être positionné dans les recommandations.
Nous essaierons ensuite d’apprécier l’efficacité et la sécurité du soin thermal par rapport à un comparateur pertinent.
Cela se fera au cas par cas, puisque nous n’aurons pas la même stratégie de prise en charge, ni le même comparateur, ni les mêmes bénéfices attendus selon les pathologies.
Nous savons que nous n’aurons pas les réponses partout. C’est là qu’intervient la consultation des experts, qui peut nous permettre de pondérer l’analyse de la littérature ou de la compléter sur les champs pour lesquels nous n’aurons pas suffisamment de données.
Allez-vous prendre en compte les études disponibles dans les autres pays d’Europe et, plus largement, à l’international ?
Nous allons prendre en compte la littérature internationale.
Nous pouvons avoir des démonstrations et des faits qui ont été étudiés dans d’autres pays. Cela peut être intéressant puisque le thermalisme n’est pas franco-français.
Il existe beaucoup de thermalisme en Europe, notamment en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Hongrie et en Autriche. Beaucoup de pays pratiquent le thermalisme et ont produit des études de qualité.
Nous nous sommes notamment rendu compte que nos voisins italiens avaient réalisé des études avec un niveau de preuve élevé.
Il faudra ensuite voir ce qui est transposable ou non.
Est-ce que les retours des patients peuvent également être pris en compte, même lorsqu’ils ne sont pas appuyés par une étude scientifique ?
Cela va dépendre. Il faut quand même que ce soit formalisé au minimum. Avoir un simple ressenti, quelque chose de très subjectif, ce n’est pas suffisant.
En revanche, certaines enquêtes réalisées au sein d’associations de patients peuvent être beaucoup plus structurées, avec des questionnaires et des analyses. Dans ce cas, nous pouvons les prendre en considération.
Cela peut nous aider à compléter une analyse de la littérature dans laquelle nous n’avons peut-être pas encore, dans certains cas, de démonstration formelle, mais un faisceau d’arguments. Avec un retour complémentaire des patients, nous pouvons alors avoir des orientations susceptibles de confirmer certaines hypothèses.
Cela permettra d’avoir l’ensemble des points de vue des patients concernés et d’apporter une complémentarité sur les bénéfices qui pourraient être envisagés.
Parfois, cela permet simplement de dire qu’il y a des éléments pour lesquels nous n’avons pas encore de démonstration, mais qu’il existe une remontée des patients, ce qui signifie qu’il y a peut-être une étude à mener.
Quel est le calendrier envisagé pour cette évaluation ?
Pour le moment, je ne peux pas encore le dire puisque tout dépendra du résultat de l’enquête de pratique.
D’ici la fin de l’année, nous nous sommes engagés à produire quelques principes et à réaliser le cadrage de ce qui pourrait être l’évaluation pluriannuelle.
Nous devons notamment déterminer comment nous allons évaluer le thermalisme pour une indication donnée, en tenant compte des différents soins thermaux, des différents produits thermaux, des eaux, des boues et des différents comparateurs possibles.
Nous allons donc poser les principes généraux dans un document de cadrage « chapeau ». Il ne s’agira pas de décrire précisément comment chaque évaluation sera réalisée, puisque chacune aura ensuite son propre cadrage spécifique.
Nous envisagerons ensuite un calendrier sur plusieurs années. La durée dépendra notamment des ressources humaines qui pourront être mobilisées sur ce travail.
Combien de personnes seront dédiées à cette étude ?
Actuellement, le service d’évaluation des actes professionnels compte 25 personnes.
Sur ces 25 personnes, une dizaine travaille déjà sur l’évaluation des actes de biologie innovante. Six autres travaillent sur la révision de la classification commune des actes médicaux. D’autres travaillent sur les actes dentaires ou encore sur des techniques chirurgicales. Aujourd’hui, j’ai donc les ressources nécessaires pour réaliser la note de cadrage, mais pas forcément toutes celles nécessaires pour traiter l’ensemble du sujet.
Tout dépendra du nombre de personnes qui nous seront attribuées.
Au minimum, il nous faut deux personnes. C’est ce que nous avons demandé spécifiquement dans le cadre de la demande de budget de la loi de financement de la Sécurité sociale. Nous pouvons déjà amorcer les choses et, ensuite, tout dépendra de l’étendue du travail à mener. Cela peut nécessiter deux, quatre, cinq ou dix personnes.
En fonction de cela, le travail peut prendre un an, deux ans, trois ans ou cinq ans.
Les évaluations ne seront menées qu’à partir de 2027.
Cela dépendra également des nouvelles orientations du Gouvernement après l’élection présidentielle, puisque nous avons aujourd’hui une orientation qui est : « Il faut évaluer le thermalisme».
Ces orientations peuvent ensuite évoluer.
Quels types de conclusions pourront être tirés de ce travail ?
Nous allons établir un état des lieux de ce que nous donnera la littérature et des données disponibles.
Nous pourrons ensuite identifier les orientations pour lesquelles le service médical rendu des cures thermales est suffisant et d’autres pour lesquelles il sera insuffisant.
Cela ne signifie pas que le thermalisme sera considéré globalement comme ne devant plus être remboursé. Cela signifie simplement que, pour certaines indications, nous n’aurons pas encore suffisamment de données.
Cela laissera la possibilité aux différents acteurs de mener des études complémentaires et, le cas échéant, de revenir nous solliciter pour faire une évaluation de telle ou telle indication.
Les évaluations de la HAS sont toujours dynamiques. Si les connaissances évoluent, nous adaptons bien évidemment nos évaluations. Ainsi, il est possible de nous resolliciter de manière ciblée en nous disant que de nouvelles données sont disponibles en nous demandant s’il est possible de réaliser une nouvelle évaluation.
Nous allons nous focaliser sur les soins thermaux tels qu’ils sont réalisés aujourd’hui, dans une logique qui reste plutôt orientée vers le thérapeutique.
La prévention est, elle, encore très mal évaluée.
Elle est beaucoup plus complexe à démontrer parce qu’elle nécessite un suivi longitudinal sur plusieurs années pour déterminer si la mesure prise fonctionne réellement.
Il peut néanmoins s’agir d’une piste intéressante d’évolution.
Comment les résultats de cette évaluation concernant le service médical rendu des cures thermales seront-ils communiqués et auprès de quels publics ?
Notre procédure repose toujours sur une exigence de transparence.
À partir du moment où le collège de la Haute Autorité de santé valide un document, celui-ci est directement publié sur le site de la HAS, quelle que soit l’échelle du travail réalisé.
En ce qui concerne les actes, nous le transmettons le même jour à l’Assurance Maladie et à l’ensemble des acteurs qui ont contribué à l’évaluation.
Tout est systématiquement publié de manière transparente.
Ce principe de transparence permet à chacun de disposer de tous les éléments pour comprendre quelle a été la décision, sur quels éléments elle a été fondée et pourquoi.
La spondylarthrite ankylosante est un rhumatisme inflammatoire fréquent, touchant principalement la colonne vertébrale. Elle se retrouve chez des personnes de moins de 50 ans et dans certains cas, chez les enfants. Cette pathologie entraîne de nombreuses douleurs ainsi qu’une raideur de l’ensemble de la colonne vertébrale. Cette maladie évolue dans le temps et une cure thermale permettra de soulager les douleurs liées à l’inflammation.
La spondylarthrite ankylosante est une forme d’arthrite inflammatoire. Elle se développe principalement autour de la colonne vertébrale et au niveau des articulations sacro-iliaques (les articulations qui relient la colonne vertébrale au bassin). Cela entraîne de nombreuses douleurs dans le bas du dos. Dans certains cas, elle affecte d’autres articulations périphériques comme les ligaments et les tendons, rendant le moindre mouvement douloureux (épaules, hanches). Cette affection chronique affecte fortement la qualité de vie du patient entraînant des séquelles irréversibles.
La spondylarthrite ankylosante est une maladie auto-immune, le système immunitaire attaque les ligaments et les tendons sains, créant ainsi une importante inflammation. Dans les cas les plus avancés, cette pathologie entraîne une destruction des os de la colonne vertébrale que l’organisme essaie de réparer en formant un nouveau tissu osseux. Les vertèbres commencent alors à fusionner, rendant la colonne vertébrale rigide et douloureuse.
Symptômes :
Des douleurs au bas du dos qui évoluent doucement dans le temps
Une raideur et une douleur au réveil
Des maux de dos chroniques
Une fatigue importante et un épuisement
Une inflammation des yeux
Pourquoi partir en cure thermale pour soulager une spondylarthrite ankylosante ?
La spondylarthrite ankylosante ne peut pas être guérie. Cependant, des traitements et la réalisation de cures thermales, en parallèle, aident le patient à maintenir une attitude positive, à diminuer la douleur et à réduire l’impact de cette maladie sur le quotidien.
En effet, une cure thermale conventionnée permettra :
de réduire les douleurs liées à l’inflammation de la colonne vertébrale,
d’entretenir la mobilité des articulations,
de retrouver une certaine souplesse.
Chaque soin a ses spécificités. Ainsi, les soins à base d’eau thermale, riches d’une multitude de minéraux et oligo-éléments, aideront le patient à retrouver sa mobilité. Les douleurs seront quant à elles soulagées par l’application de boues thermales chaudes.
Attention cependant, une cure thermale ne peut être proposée qu’aux patients dont l’état inflammatoire est contrôlé par un traitement médicamenteux. Une cure ne peut pas être réalisée pendant une période de crise.
À quel moment faire une cure thermale pour la spondylarthrite ankylosante ?
La cure thermale s’inscrit dans la prise en charge de la spondylarthrite ankylosante, en complément du suivi médical et des traitements prescrits par le médecin. Elle peut notamment être envisagée lorsque les douleurs, les raideurs ou la diminution de la mobilité ont un impact sur les activités du quotidien.
Le choix du moment pour réaliser une cure dépend toutefois de l’état de santé de chaque patient. Il est recommandé d’en discuter avec son médecin ou son rhumatologue afin de déterminer si une cure thermale est adaptée.
La cure thermale est particulièrement intéressante dans une démarche d’entretien de la mobilité. Les soins réalisés en piscine d’eau thermale, les applications de boue ou encore les massages sous affusion peuvent être associés à des exercices de mobilisation et de rééducation. L’objectif est notamment de contribuer à diminuer les douleurs et les raideurs et à entretenir les capacités fonctionnelles.
Les cures thermales conventionnées indiquées dans la prise en charge de la spondylarthrite ankylosante
Quelles stations thermales proposent une cure dédiée pour la spondylarthrite ankylosante ?
Face à cette pathologie, certains établissements thermaux proposent des cures thermales dédiées à la spondylarthrite ankylosante, via la mise en place de modules spécifiques.
Les thermes de Barbotan-les-Thermes, qui font partie du groupe de la Chaîne Thermale du Soleil, sont situés dans le département du Gers, en région Occitanie. Cette station thermale propose une cure en rhumatologie, avec un programme de soins et d’activités très ciblés afin de combattre la douleur et l’inflammation, éviter la survenue de complications, retrouver une amplitude articulaire pour améliorer le quotidien et partager son vécu. Ce module se réalise en parallèle de la cure thermale conventionnée en rhumatologie.
Les thermes d’Allevard-les-Bains se trouvent dans le département de l’Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes. Durant la cure thermale en rhumatologie, le curiste atteint de spondylarthrite retrouvera sa mobilité grâce à des bains en piscine et des séances de kinésithérapie sous affusion d’eau.
Quels soins sont proposés lors d’une cure thermale pour la spondylarthrite ankylosante ?
La cure thermale en rhumatologie repose sur une association de soins utilisant les propriétés de l’eau thermale et de techniques de mobilisation . Le programme de soins est déterminé par le médecin thermal en fonction de la pathologie, des douleurs et des capacités de chaque curiste.
Les soins réalisés en piscine permettent de mobiliser progressivement les articulations. La portance de l’eau facilite les mouvements et peut permettre de réaliser certains exercices avec moins de contraintes mécaniques.
Dans le cadre d’une spondylarthrite ankylosante, ces soins peuvent notamment contribuer à entretenir la mobilité de la colonne vertébrale et des articulations et à lutter contre l’enraidissement.
Les applications de boue thermale
Les applications de boue thermale, également appelées illutations ou cataplasmes selon les établissements, utilisent la chaleur et les propriétés de la boue thermale.
Appliquées sur les zones douloureuses ou raides, elles sont notamment utilisées pour favoriser la décontraction musculaire et contribuer au soulagement des douleurs.
Le massage sous affusion associe l’action du massage à celle de l’eau thermale. Il peut être particulièrement intéressant lorsque les tensions musculaires et les raideurs accompagnent les douleurs liées à la spondylarthrite.
Les bains et douches thermales
Différents types de bains et de douches peuvent compléter le programme de soins : bains en eau thermale, aérobains, douches au jet ou encore soins sous immersion.
Ces soins sont réalisés selon les indications du médecin thermal et peuvent participer à une prise en charge globale visant à soulager les douleurs et à entretenir la mobilité.
Une prise en charge adaptée à chaque curiste
Tous les curistes atteints de spondylarthrite ankylosante ne bénéficient pas nécessairement des mêmes soins. Le médecin thermal établit le programme en fonction de l’état de santé, des zones douloureuses, des limitations fonctionnelles et des objectifs de la cure.
La cure thermale pour la spondylarthrite ankylosante est-elle remboursée par l’Assurance Maladie ?
Oui, une cure thermale pour la spondylarthrite ankylosante peut être prise en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’elle est prescrite par un médecin et réalisée dans un établissement thermal agréé et conventionné.
La spondylarthrite ankylosante relève de l’orientation thérapeutique « rhumatologie », l’une des orientations thermales reconnues par l’Assurance Maladie. Pour bénéficier d’une prise en charge, la cure doit notamment respecter les conditions prévues par l’Assurance Maladie et comprendre 18 jours de soins thermaux effectifs.
Quel remboursement pour une cure thermale en rhumatologie ?
Le forfait correspondant aux soins thermaux est pris en charge à hauteur de 65 % sur la base d’un tarif forfaitaire conventionnel. Le reste à charge peut, selon la situation du curiste et son contrat, être pris en charge en partie ou en totalité par sa complémentaire santé.
La prise en charge des frais de transport et d’hébergement répond quant à eux à des conditions spécifiques. Il est donc conseillé de se renseigner auprès de sa caisse d’Assurance Maladie avant le départ.
Alors que le remboursement des cures thermales a été maintenu en 2026, la profession reste mobilisée et attentive aux prochaines décisions qui pourraient concerner leur prise en charge par l’Assurance maladie. Le sénateur du Puy-de-Dôme Jean-Marc Boyer, engagé depuis plusieurs années aux côtés des acteurs du secteur, défend notamment un moratoire de trois ans afin de laisser à la Haute Autorité de Santé (HAS) le temps d’évaluer le service médical rendu des cures thermales.
Avec 88 stations réparties en France, le thermalisme représente à la fois une activité médicale et un enjeu économique majeur pour de nombreux territoires. Alors que les prochaines discussions budgétaires se préparent, Jean-Marc Boyer revient pour LesCuristes.fr sur la mobilisation des parlementaires, le travail engagé auprès de la HAS et les prochaines étapes.
Le sénateur du Puy-de-Dôme Jean-Marc Boyer
Pour rappel
En novembre 2025, une annonce a suffi à inquiéter des milliers de curistes à travers la France : un projet visant à réduire fortement le remboursement des cures thermales conventionnées. Depuis, élus, professionnels du secteur et patients se sont mobilisés pour défendre la médecine thermale, et le budget de la Sécurité sociale voté en décembre 2025 n’a finalement prévu aucun déremboursement.
Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre engagement pour le thermalisme ?
Je suis Jean-Marc Boyer, Sénateur du Puy-de-Dôme. J’ai été maire d’une petite commune rurale de montagne située à côté de La Bourboule et du Mont-Dore pendant 28 ans, et conseiller général de ce canton où se trouvaient justement ces communes. J’ai donc été sensibilisé très tôt à la problématique des cures thermales, notamment avec la disparition des maisons d’enfants liées au thermalisme à La Bourboule.
Par la suite, j’ai été élu au Sénat et j’ai été confronté, lors des différentes discussions parlementaires, aux difficultés liées au remboursement des cures thermales. Cette question n’est d’ailleurs pas nouvelle : il y a une trentaine d’années déjà, le ministère des Finances avait évoqué la possibilité de supprimer le remboursement des cures.
Lorsque, ces dernières années, la question du non-remboursement des cures thermales a de nouveau été évoquée au Sénat, j’ai souhaité agir. Il y a environ trois ans, j’ai donc initié au Sénat les premières Journées parlementaires du thermalisme, car historiquement, il n’y avait jamais eu de véritable action engagée sur ce sujet.
En novembre dernier, le secteur thermal a été profondément ébranlé par une proposition visant à réduire fortement le remboursement des cures thermales conventionnées. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris lors des débats autour du déremboursement des cures thermales ?
Ce qui m’a interpellé surtout dans les discussions au Sénat, c’est que beaucoup de collègues ne connaissent pas réellement le thermalisme. Certains considéraient que les 350 millions d’euros remboursés par l’Assurance maladie pour les cures thermales pourraient simplement être économisés et utilisés autrement dans le cadre de l’action sociale.
Vous êtes donc la personne qui représente le thermalisme et la médecine thermale auprès du gouvernement ?
Oui et c’est justement pour cela qu’il y a environ trois ans, j’ai lancé les premières Journées parlementaires du thermalisme au Sénat, où nous avions réuni près de 130 personnes. Nous avons invité les maires des villes thermales (il existe 88 stations thermales en France), mais aussi des médecins spécialisés dans les différentes orientations thermales thérapeutiques, afin d’expliquer ce qui était réellement fait dans les établissements thermaux et quelles solutions pouvaient être envisagées.
Dès le départ, j’ai souhaité que cette démarche dépasse le seul Sénat et associe également l’Assemblée nationale, afin de créer une sorte de groupe de travail interparlementaire.
Ces Journées parlementaires ont-elles eu une suite ?
Oui, nous avons organisé une deuxième édition l’année suivante.
En mai 2026, la troisième Journée parlementaire du thermalisme a été organisée à l’Assemblée nationale par mon collègue Denis Fégné, président du groupe thermalisme à l’Assemblée nationale. Nous ne sommes pas issus de la même sensibilité politique, mais justement, cela a permis de montrer que cette démarche était transpartisane.
La question du thermalisme n’est pas une question de droite ou de gauche : c’est une question d’intérêt général.
Le point central de ces journées est de démontrer le service médical rendu du thermalisme ?
Oui, tout à fait. Le service médical rendu consiste à démontrer que les soins thermaux ont une incidence sur la santé des personnes et qu’ils méritent donc d’être remboursés par la Sécurité sociale.
L’argument avancé par ceux qui dénigrent le thermalisme est souvent de dire que cela “ne sert à rien”, qu’il n’existe aucune preuve démontrant une action sur la santé. Pourtant, de nombreuses études ont été réalisées, notamment par le Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh) et par l’Association Française pour la Recherche Thermale (AFRETh).
Le problème principal est que ces études n’ont pas encore été validées par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Est-ce que les différentes actions menées auprès des parlementaires ont permis de faire évoluer leur regard sur le thermalisme ?
Oui, certains commencent à mieux comprendre le sujet.
J’ai des collègues qui ont été très actifs sur cette question, d’autres étaient beaucoup plus réservés. Nous ne sommes pas là pour convaincre tout le monde immédiatement, mais il y a un cheminement intellectuel qui commence à se faire. En ayant davantage d’informations et en comprenant mieux le fonctionnement de la médecine thermale, certains se rendent compte que ce ne sont pas des vacances payées par la Sécurité sociale.
Il faut également rappeler qu’on parle bien ici de cures thermales médicales conventionnées, et non de séjours de bien-être ?
Oui, tout à fait. Parmi les personnes qui doutent de l’activité thermale ou qui souhaitent que celle-ci ne soit plus remboursée, beaucoup font l’amalgame entre la cure thermale médicale prescrite par un médecin et les séjours de thalasso ou de balnéothérapie dans des centres de bien-être. Ce sont deux choses totalement différentes.
La thalasso ou les séjours de bien-être relèvent d’une démarche personnelle et ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale.
Ce qui est remboursé aujourd’hui, c’est la cure thermale médicale : il s’agit d’un patient qui vient avec une prescription médicale, parce qu’il souffre d’une pathologie chronique nécessitant une prise en charge thermale.
La ministre de la santé a-t-elle été sensible aux arguments avancés et aux actions mises en place ?
Non, pas totalement.
Elle restait sur la position que ce n’était pas à la Sécurité sociale de financer les 350 millions d’euros de remboursements pour les cures thermales et l’activité économique des villes thermales. Mais il reste encore du travail pour faire comprendre ce qu’est réellement la médecine thermale.
La Haute Autorité de Santé a justement été saisie sur le sujet. Pourquoi cette décision est-elle intervenue sans concertation préalable ?
Nous nous sommes effectivement posé la question de savoir pourquoi cette décision avait été prise subitement, alors que jusqu’ici, ce sujet n’avait jamais été évoqué.
Pour l’instant, ce qui a été demandé à la Haute Autorité de Santé (HAS) est de préparer un cadre d’étude permettant de répertorier les critères nécessaires pour démontrer la validité et l’intérêt des cures thermales selon les différentes pathologies.
Pour l’instant, la Haute Autorité de Santé n’a pas engagé les études. Elle doit d’abord préparer, d’ici la fin de l’année, un cadrage avant de pouvoir travailler plus précisément sur le service médical rendu des cures thermales selon les différentes pathologies. Cet élément est important, car il permettra d’apporter une assurance au ministère de la Santé sur le service médical rendu des cures thermales conventionnées.
L’argument économique des stations thermales est également important dans ce débat ?
Oui, c’est un point important.
Au-delà des remboursements des cures, les stations thermales ont un impact économique et touristique considérable. Les retombées économiques liées au thermalisme sont estimées par différents organismes à environ 4 milliards d’euros pour les territoires concernés.
Je pense que cet élément a également pesé dans la décision de la ministre des Comptes publics de l’époque, Amélie de Montchalin, que j’avais rencontrée après ses annonces. Je pense que cela a compté dans la décision de poursuivre le remboursement des cures, car les conséquences sur l’activité des stations thermales auraient été très importantes.
On aurait risqué de mettre par terre toute une activité économique et touristique.
Certains considèrent pourtant que ce n’est pas à la Sécurité sociale de financer l’économie locale ?
On peut comprendre cet argument, mais il faut aussi regarder l’ensemble du sujet.
Oui, il y a les retombées économiques locales, mais il y a également les économies potentielles réalisées après une cure thermale.
On constate que certains patients ont ensuite moins besoin de traitements ou de suivi médical. Ce ne sont pas forcément des éléments facilement quantifiables, mais ils existent. C’est un argument que j’avais également avancé auprès de la ministre de la Santé lors d’une question au gouvernement, en expliquant que, dans les mois qui suivent une cure, certains patients réduisent leur consommation de médicaments.
Il faut aussi rappeler qu’une cure représente un investissement pour le patient ?
Oui, tout à fait. Il y a encore beaucoup d’incompréhension sur ce sujet.
Une cure thermale nécessite de partir pendant trois semaines. Cela représente un engagement en temps, mais aussi un investissement financier, car même si une partie des soins est remboursée, le patient doit prendre en charge le transport, l’hébergement, l’alimentation et une partie des frais liés aux soins qui restent à sa charge.
Beaucoup de personnes imaginent encore que la Sécurité sociale finance intégralement un séjour thermal, ce qui est totalement faux.
Où en sommes-nous aujourd’hui dans les démarches engagées ?
Aujourd’hui, nous avons demandé un moratoire d’au moins trois ans concernant les décisions relatives au remboursement des cures thermales. L’objectif est de laisser le temps à la Haute Autorité de Santé de travailler, de préparer son cadrage d’étude et de mener ensuite les évaluations nécessaires. Il existe déjà un travail de recherche considérable sur le thermalisme : cela ne date pas d’hier, le thermalisme existe depuis des siècles, notamment depuis l’époque romaine. Il y a toute une bibliographie importante à étudier avant même de lancer de nouvelles études.
Chaque source thermale a ses propres caractéristiques et répond à des orientations thérapeutiques différentes : ce n’est pas comparable à un médicament unique destiné à une pathologie précise. Il y a donc un véritable travail scientifique à mener.
À ce jour, nous n’avons pas encore eu de réponse à cette demande. Nous ne connaissons pas encore les intentions du nouveau ministre des Comptes publics ni celles concernant le prochain budget.
En quoi consiste un moratoire ?
Dans le cas des cures thermales, un moratoire consiste à suspendre temporairement toute décision concernant leur remboursement. Le délai demandé de trois ans permettrait de laisser à la Haute Autorité de Santé le temps d’évaluer le service médical rendu par les cures avant qu’une éventuelle évolution de leur prise en charge soit décidée.
Comment se déroule le travail en amont du vote du prochain budget de la sécurité sociale ? Les parlementaires sont-ils associés avant les annonces ?
Il y a tout un travail de préparation du budget qui se fait en relation avec les présidents des commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat. Nous avons donc déjà des premiers échos, des premières pistes qui sont envisagées. À l’automne, notamment en octobre et novembre, nous aurons davantage d’informations sur les pistes d’économies qui seront étudiées et nous verrons si le remboursement des cures thermales fait partie des sujets concernés.
Si des mesures sont envisagées par le gouvernement, cela risque également de revenir dans le débat public, notamment dans la presse.
Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui aux curistes qui s’interrogent sur l’avenir du remboursement des cures thermales ?
Il faut qu’ils soient rassurés.
Les récentes discussions sur le remboursement des cures, qui ont beaucoup fait parler, ont entraîné une baisse de 10 à 15 % de la fréquentation des établissements pour la saison 2026. Cette incertitude a eu un impact important sur la décision des patients de partir ou non en cure, car certains se demandaient s’ils seraient toujours remboursés. Il faut absolument éviter que cette question revienne chaque année, car cela crée une inquiétude permanente qui n’est pas bonne pour l’ensemble de l’activité thermale.
Il faut également rappeler que lorsqu’un budget annuel est voté et qu’une décision est actée, on ne revient pas dessus en cours d’année : les patients doivent avoir confiance dans les décisions prises.
C’est justement pour cela que nous avons demandé un moratoire de trois ans : pour donner une véritable visibilité aux patients, mais aussi aux établissements thermaux qui réalisent de plus en plus d’investissements, notamment dans le domaine de la prévention santé.
Les soins thermaux sont nombreux et chacun possède ses spécificités. Parmi eux, le couloir de marche est un soin particulièrement apprécié pour son action sur les jambes et la circulation. Réalisé dans une piscine d’eau thermale, ce parcours de marche à contre-courant permet de profiter des effets de l’eau tout en pratiquant une activité physique douce.
Mais comment fonctionne exactement le couloir de marche ? Quels sont ses bienfaits et dans quelles situations peut-il être proposé lors d’une cure thermale ?
Source photo : https://www.thermesdeluz.fr/
Le couloir de marche est un soin se déroulant dans une piscine d’eau thermale équipée d’un parcours de marche à contre-courant.
Profonde d’environ 75 cm, la piscine dispose d’un sol recouvert d’aspérités et parcouru de bulles d’air sous pression.
Véritable rééducation vasculaire veineuse, ce soin conjugue les effets de l’immersion dans l’eau à ceux de la marche à contre-courant. Le couloir de marche est ainsi un soin permettant une rééducation dynamique vasculaire.
Le couloir de marche : quelles sont les indications ?
Le couloir de marche est un soin que l’on retrouve dans la prise en charge des maladies liées à deux orientations : la phlébologie et les maladies cardio-artérielles.
Il peut notamment être proposé dans le cadre de la prise en charge de troubles tels que :
Les soins réalisés lors d’une cure thermale conventionnée sont prescrits par le médecin thermal. Le curiste le rencontre avant le début de son séjour afin de définir son programme de soins.
Les bienfaits du couloir de marche :
Ce soin utilise les effets de l’eau thermale et de la marche à contre-courant pour :
améliorer le retour veineux,
stimuler la vasodilatation cutanée,
stimuler la circulation sanguine,
diminuer les douleurs,
améliorer l’oxygénation des muscles,
contribuer à diminuer les œdèmes,
favoriser le drainage,
avoir un effet vasodilatateur artériolaire,
favoriser une activité physique douce grâce à la résistance de l’eau.
Le couloir de marche permet ainsi d’associer les bienfaits de l’immersion dans l’eau à ceux d’une marche active à contre-courant.
Quelle est la prise en charge d’une cure thermale ?
Une cure thermale conventionnée est une démarche médicale qui comprend 18 jours de soins thermaux effectifs, répartis sur une période de 3 semaines consécutives.
Durant un séjour en cure, des soins thermaux sont réalisés quotidiennement. En parallèle, des conseils permettant d’adopter une hygiène de vie adaptée peuvent être partagés lors de rencontres, de conférences et d’ateliers avec des professionnels.
Afin d’être prise en charge partiellement par l’Assurance Maladie, une cure thermale conventionnée doit faire l’objet d’une prescription médicale et être réalisée dans un établissement thermal agréé et conventionné.
En fonction des contrats souscrits, certaines mutuelles prennent en charge tout ou partie des frais restant à la charge du curiste.
Dans quelles orientations thermales trouve-t-on le couloir de marche ?
Le couloir de marche est principalement proposé dans le cadre de deux orientations de cure thermale : la phlébologie et les maladies cardio-artérielles.
Découvrez ci-dessous les établissements thermaux agréés pour ces deux orientations thérapeutiques.
Les établissements thermaux ayant l’agrément en phlébologie
En France, plusieurs centres thermaux sont reconnus et agréés par l’Assurance Maladie pour cette orientation thérapeutique :
Les établissements thermaux ayant l’agrément en maladies cardio-artérielles
En France, 4 centres thermaux sont reconnus et agréés par l’Assurance Maladie :